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Edito de Juillet 2018

Edito de Juillet 2018

Le cadre était beau, le temps aussi, l’accueil chaleureux et les spectateurs concentrés, attentifs et nombreux : merci à
l’Association MIRABEL de cette soirée !

La lecture à Mirabel, au vieux village, a rassemblé un public de personnes qui, pour la plupart, découvraient Anne Pierjean .. L’idée m’est venue qu’il serait bon de programmer ce genre de lecture théatralisée sur plusieurs dates ! et de prolonger les échanges après, les discussions qui se sont engagées promettant de belles rencontres…

Déjà l’été galope et les prochaines lectures se préparent assidument : l’Association participera à Turbulences de Arts, du 13 au 30 Juillet en proposant un stand en hommage à Anne Pierjean et des lectures quasi quotidiennes à « l’heure du conte », le soir à 18H30, sur la terrasse haute de la Chapelle des Cordeliers.

Ces lectures dureront environ 30 mn. Elles commenceront le 15 Juillet et seront faites par deux lecteurs chaque soir (sauf les 17 et 24, dates où d’autres manifestations seront proposées : concert et rencontre des auteurs) :

Nous proposerons à chaque « heure du conte »

  • une lecture suivie de deux romans, « Marika » et « Jean de Bise » : un « épisode » chaque soir, à la façon des lectures d ‘autrefois en classe !
  • et la lecture d’un extrait choisi, dans des oeuvres différentes d’Anne Pierjean, éditées ou inédites.

Un moment d’échange suivra.

En outre, la compagnie Zazie7 présentera en soirée la lecture théatralisée de Paul et louise : le 18 à 20H30, spectacle qu’elle nous avait déjà offert en 2017.

Les lecteurs qui participeront seront divers, et je les remercie pour leur disponibilité, leur engagement et la gentillesse dont ils font preuve…

Anne Pierjean, par ses écrits, fédère des énergies et une intensité qui me touche : merci donc aux compagnies les Alexandrains et Zazie7, et aux lecteurs de l’Association qui m’entourent de leur amitié, de leur motivation et de leur présence active : Elisabeth Voreppe, Christine Mallet, Jean-Pierre Tourraton, Laurence Acoulon… et tous ceux dont je sais le soutien, présents autrement.

Le mouvement amorcé en 2017 se continue et s’élargit, je remercie les amis du vieux Crest de nous offrir cette place dans leur exposition d’art et de poésie (Turbulence des Arts), et suis consciente du chemin que notre Association et ses projets ont déjà fait.

Août permettra la préparation de la lecture de Septembre à St Avit et d’Allex en Octobre…. Et tout d’abord notre première participation au Forum des Associations !

Bien sûr nous en reparlerons !

Un bel été en perspective, déjà en moissons et lavandes

Anne Grangeon

« J’habite, d’évidence, en ma haute saison et mon outre saison venue, tramée sur l’incassable fil forgé de toute éternité.
Je vis le jour qui est et son Avant et son Après ensemble, j’ai de la chance tout s’inter-pénètre et se porte dans une cadence commune : et la douceur des jours, encore, la rencontre des gestes tendres qui vous donnent la main et vous font place à la marche du jour… et l’approche infinie, si simple et évidente qu’elle sublime la joie et ne dérange rien, j’ai de la chance. »
tirée de Bloc-note, année 2000, « la haute saison »

 

 

 

 

Edito de juin 2018

Edito de Juin

Juin aux mille senteurs et saveurs. L’heure est aux jardins et à la fulgurance de la nature… Efflorescences !

La lecture du 15 juin approche et se prépare. Pour des raisons de calendrier local, nous avons retardé l’heure de la lecture pour nous rendre disponibles au plus grand nombre : le rendez-vous sera donc à 20H30, à Mirabel et Blacons, à la Maison de l’Association (l’ancien temple), au vieux village.

Ce mois de Juin, nous restons dans l’évocation des guerres et de leurs longs dégâts, en publiant cette lettre ouverte d’Anne Pierjean adressée à ces jeunes lecteurs, en 1994 où l’on commémorait le débarquement allié. On y retrouve les éclats traumatiques de la guerre dans les corps, les sensibilités et les mémoires, ainsi que les engagements : même si la vie continue, et perdure dans ses joies, rien ne peut plus être comme avant.

« Souvenirs du 6 juin 1944,

le 6 juin,1994, Anne Pierjean.

A mes correspondants et petits-enfants.

Je viens de vivre quelques jours de commémoration intense et silencieuse du débarquement allié du 6 juin 1944.

En 1944, ce débarquement avait fait lever en moi un espoir tellement puissant, tellement vital -si inoubliable- que j’ai retrouvé A VIF d’intimes émotions que je croyais adoucies, voire cicatrisées après cinquante ans.

Et j’ai découvert que j’étais restée étroitement branchée à la mémoire collective de cette période et que je porte toujours, quelque part en moi, le deuil de tant de vies arrêtées -que je garde aussi, moi qui ai gardé la vie, le désir de l’assumer responsablement.

Durant quelques jours, rien n’aura pu me distraire du flot des souvenirs. J’ai tout revécu, les larmes rentrées dans les yeux et dans le cœur.

Maintenant, cette émotion je viens la partager avec vous qui vivez, en paix, ce grand choc de l’Histoire, fait de tant de morts.

Aux premiers mots des médias, le passé a surgi de toutes parts, comme déversé de mémoires concentriques… mémoires gigognes…

Celle de l’Histoire du monde, de l’histoire de la nation, de la région, de Crest, et, tout au centre, la mienne, soudée, imbriquée aux autres, parce que la vie a voulu que j’aie mon premier enfant, le 8 juin 1944, à Crest et sous la mitraille des représailles nazies.

J’avais porté mon enfant dangereusement dans une école du Vercors -Gigors- qui sera incendiée fin Juin 1944 et toujours par représailles… Ensuite, mon bébé n’aura guère quitté mes bras durant les deux mois qui ont suivi sa naissance, toujours des bombardements et des mitraillages, des fuites, des agressions personnelles. Chaque lendemain était un miracle de survie dans notre région où l’insurrection était parallèle au Débarquement du 6 juin en Normandie.

Mais je suis là et mon fils vit. Mes autres enfants ont pu naître. Comme vos parents ils sont d’heureux rescapés de cette histoire sanglante que vos grands-pères ont vécue. Ils ont pu, en paix, faire leurs propres enfants. Vous êtes parmi ceux-là. Je mesure notre chance…

Cependant, la « vivante » que je suis peut-elle oublier tous ces morts alliés de tant de nationalités ? Tous ces jeunes morts qui n’ont pu vivre leur vie, faire leurs enfants ? (ils auraient des petits sensiblement de votre âge…).

Ma pensée reste construite –à jamais, je le sais bien- sur toutes ces vies qui n’auront pu être, si bien que ma propre vie reste lestée d’eux, grandie, comptable, redevable.

Ils avaient même goût à vivre et même tendresse…

Je pense à des copains qui n’auront pas eu la chance de mûrir leur vie et de la vieillir… Sous des stèles souvent sans nom, ils en sont restés à leurs jeunes exigences. Et je vis sous leur regard plus souvent que je ne crois…

Une institutrice d’un village très éprouvé en 1944, m’écrivait dix ans plus tard : « mes élèves courent et jouent dans la cour… je verrai toujours partout, dans les leçons, dans les jeux, les ombres des autres qui écouteraient, joueraient… »

A la rentrée de 1945, le tout premier mot que l’on apprenait à lire, à écrire, en même temps que son nom, était LIBERTE.

Paul Eluard l’avait mis dans un poème que l’on récitait ensemble…

Le goût que ce mot avait alors dans nos coeurs…

J’avais 23 ans et déjà un lourd passé.

En pensée je me reportais à 1938… J’avais 17 ans. L’Allemagne avait annexé l’Autriche. Nous tremblions déjà… Et nous avions bien raison : le 3 septembre 39 la France entrait en guerre…

Et le 10 mai de 40, l’offensive allemande se précipitait… J’ai terminé mes études sans établissement scolaire (transformé en Hôpital militaire) dans des locaux de fortune… Nous n’avions guère de livres, guère de professeurs non plus, et nous avions faim et peur… nos seuls loisirs étaient des cours de Croix-rouge, des entraînements à descendre dans des abris en des temps records (des aides aussi : nous étions sollicités, les hommes étant à la guerre).

Et nous n’avions pas vingt ans.

Je me souviens même avoir … «enseigné» mes camarades … en créant des réunions de répétitions à 10 ou 12 (avec les cours d’une ancienne élève) . Nous avions pallié à un manque de professeur de Philo. Ça n’a pas duré longtemps : un professeur l’a appris et je me suis retrouvée au milieu de la classe, chargées de répétitions officialisées… que j’avais répétées la veille chez le professeur qui était au lit, une jambe dans le plâtre!… J’ai même dû donner des dissertations qu’elle avait, bien sûr, corrigées.

J’ai parfois aussi remplacé au pied levé un prof empêché, dans les petites classes : pionne-répétitrice-prof d’à peine 19 ans, la classe, les alertes et les petits qui ont peur, et, pour pallier à la frousse, les poèmes, les chansons dans le fond des caves…

Ce fut une rude épreuve que je ne souhaite à personne.

Si je racontais cette histoire, aujourd’hui, dans un livre, me croirait-on ? Je m’y vois adulte.. Ai-je pu être vraiment jeune ?

Vous vivez très loin de ces souvenirs, vous avez des livres, des professeurs, des bibliothèques, et les magasins regorgent de victuailles, et tant de loisirs possibles…

Un instant, mettez des semelles de bois, râpées jusqu’aux fibres, et des vêtements archi-ravaudés où l’on grelottait l’hiver… les avions menacent, les gens que l’on croise sont peut-être à la solde de l’ennemi … et l’on ne sait rien de vrai sur les rumeurs menaçantes.

Pas de fêtes mais des deuils… et dans tout cela, je crois que ma plus grande peur résidait au fond de moi : peur de tout ce que j’ignorais.

Je sais maintenant que j’avais raison de trembler puisque je connais la suite de l’histoire et les camps inqualifiables d’extermination.

Et puis revenez très vite à vos cours et vos familles… et ayez une pensée pour ceux qui vivent encore ce que je viens d’évoquer, en Europe centrale, en Afrique et ailleurs… La paix est la chose au monde la plus difficile et la plus fragile. Profitez, avec respect, de la chance que vous avez (…) «

Le texte se poursuit et se termine par le passage déjà publié dans l’édito de mai, à propos de l’écriture de « Le temps de Julie » :

« Je suis heureuse aujourd’hui d’avoir écrit « Le temps de Julie » -qui fut si dur à finir, trop de souvenirs aigus en « noyant » les pages.

Ce que j’avais vécu en 1944 était si violent tout au fond de moi que Maria en est morte, que son enfant n’est pas né, le contraire de ma chance.

« Elle se reploie sur son ventre qu’elle enserre de ses deux bras. Elle n’est plus que le regret de cette vie qui palpite, là, sous ses deux mains, et qui n’ira pas jusqu’à la lumière. » (p. 122, Le temps de Julie, Castor Poche)

Comme j’ai eu de la chance, et vos grands-parents aussi, puisque nos enfants ont pu aller jusqu’à la lumière… »

Nous nous retrouverons, j’espère, le 15 Juin au vieux village de Mirabel, pour la lecture et pour échanger ensuite, et partager le verre de la Paix.

Anne

 

Edito de Mai 2018

L’Edito d’Anne

Edito de Mai…

Après un envol de l’été avant l’heure, voilà le temps revenu à la raison, au bout d’ une semaine quasi surréaliste de chaleur incongrue !
Que Mai laisse aux cerisiers le temps d’arrondir et rougir leurs fruits, aux graines de s’installer dans les semis, aux terrasses de se mettre en forme pour la grande traversée des plaisirs de saison et aux blés de se préparer !

Encore un grand merci à  l’attention de Jacques Mouriquand et de son équipe pour le documentaire sur Anne Pierjean.
Il est en ligne ( https://you.be/DgalMt-vf8), nous a émus et touchés. C’est un grand pas dans notre chemin de mémoire.

La  lecture du 6 avril à Montoison demeure un chaleureux souvenir.

La prochaine étape sera le 15 juin : une lecture à la Maison de Mirabel, au vieux village :  un parcours entre deux textes plus graves, autour de la guerre : « Loïse en sabots » et « Le temps de Julie » qui évoquent les deux dernières guerres .

« la guerre de 14 a fait des trous dans ta vie… celle de 39 a fait des trous dans celle de Raphaël » dit Rose dans « le temps de Julie »,
« Cette guerre aura tout cassé et tout embrouillé… »
dit Loïse, dans « Loïse en sabots », qui poursuit « pourtant la paix, peu à peu… ».

Comment continuer la vie « après » ces ruptures, violences et drames de la guerre ?

« la vie recommençait à couler plus calme, à ouvrir ses joies- quand – même quotidiennement reçues, écloses dans la tendresse, le goût du bonheur qui vous pousse vers l’avant, même si l’on garde avec un souci jaloux le jalon des peines au recul des routes » ( Loïse en sabots)

Notre flyer nouveau est arrivé pour les futures moissons !

Il rappelle le thème de l’année et je l’accompagne aujourd’hui de quelques mots glanés dans une lettre d’Anne Pierjean, adressée à ses enfants , en 1987:

« L’enfance est une succession de minutes closes sur des graines en dormance, les germes enfouis acquièrent leur liberté d’éclosion. Et leur transmissibilité.
Je me voudrais translucide pour que vous puissiez bien lire dans l’avant-moi  –cet avant que l’on essaie encore de transmettre, enrichi, afin que vous l’enrichissiez encore et que les petits… « 

Ailleurs, dans une autre lettre , elle reprend :
« Après le semé de l’enfance, le temps récolté, je suis arrivée à ce temps ultime où il fait très bon se remémorer pour pouvoir Re-prendre tout (…) et re-transmettre.
(..)chacun de nous infléchit la transmission, l’enrichit ou bien la grève, la marque de lui.
La sérénité c’est peut-être ça : une trans-mission assumée, évoluée, et évoluante, une transmission qui continue d’avancer et que l’on n’a pas bloquée… »

Nombreux textes (lettres, romans, échanges) scandent cette idée force et le pas à pas des jours, à semer, moissonner et transmettre, comme la puissance de l’impérieuse nécessité de Dire.
Nous attendons vos réactions, témoignages, et leur donnerons place sur le site, avec plaisir.

A Juin !

Edito de Avril 2018

 

L’Edito d’Anne

Edito d’Avril 

A force d’ouvrir les yeux et de contempler à travers gouttes et giboulées, j’ai vu les premières feuilles dans le côteau !

Dans le pré piqueté de primevères, orchis, violettes et pervenches, le cerisier gonfle ses bougeons. A l’angle de la maison, le tulipier est auréolé de ses fleurs explosées, entre blanc et rose.

Printemps rebelle, râpeux, grognon, mais printemps !

Les trois becs ré-ajustent régulièrement leurs pentes blanches et les couchers de soleil sont  somptueux ces derniers soirs, ciels d’ardoise et doubles arcs-en-ciel sans modération, lumières crues d’entre averses… le pas à pas des jours qui nous amènent à Pâques.

« Le temps, comme la vie, sont remplis d’intersignes, si on perçoit le temps, si l’on perçoit la vie.
Comme tous ceux qui me précédent, je resterai inscrite dans le Temps et la Vie.
Douceur de le redire aux miens. » (Anne Pierjean, 22.10.1998)

Des nouvelles de l’Association :

Le Documentaire que prépare Jacques Mouriquand, Vidéos du Val de Drôme, l’a conduit à m’accompagner à St Avit pour une rencontre avec les anciens : à l’écoute des gestes d’antan et de la vie du village dans l’enfance et la jeunesse d’Anne Pierjean, et m’a conduite à évoquer des souvenirs de cette Maman  -enfant de St Avit, institutrice, écrivaine, artiste-  comme à ouvrir les albums photos.

Le 6 avril, à 20 H aura lieu une lecture à la Médiathèque de Montoison. Au programme, des extraits de « Jean de Bise », une lecture théâtralisée de « Le rosier blanc d’Aurélie » et des passages d’inédits (« une enfance contée » et « Anne des collines »). Je lirai en compagnie de Christine Mallet (Compagnie Zazie7).

Nous cheminons dans la préparation de la soirée du 15 juin. Nous ? une pluralité de lectrices et lecteurs qui, pour certains, découvrent Anne Pierjean.
La soirée se compose autour du thème de l’année : Ensemencement, en semant, semant …

« … en semant seront » a ajouté Anne Pierjean sur un autre papier.

Les textes choisis établiront un parallèle entre « Le temps de Julie »  et « Loïse en sabots », autour de la vie, de l’amour et du désir, malgré « les trous » que font les guerres … Ces beaux textes évoquent la maternité, la résistance, la peine et les drames des jours comme l’envol des possibles dans la vie recommencée, continuée.

Dans l’oeuvre d’Anne Pierjean, les maîtres mots s’articulent autour du goût de vivre et de la transmission mais ne font pas l’impasse sur les drames de l’histoire.

« Au fil des ans, si je regarde par dessus l’épaule de ma vie… » écrivait-elle…

« Le temps de Julie » est le livre (édité) qui, elle l’écrit, parle le plus d’elle :

« Non seulement, « Julie a été chargée de dire la guerre de 40 mais c’est elle à qui j’ai confié la joie de faire un enfant »

(…) « Je ne donne pas à vivre les faits de ma vie à mes personnages. Ils me viennent je ne sais comment, dans leur décor à eux. Mais ils puisent dans mes émotions pour vivre.

Or mes émotions, à cette époque, avaient été si dures que je les avais enfouies : je ne pouvais pas les repenser. Cela m’aurait rendue malade. J’étais bloquée vis-à-vis d’eux. Jusqu’à ce que j’écrive cette histoire. Même mes personnages avaient du mal à y puiser parce que, 40 ans après, c’était toujours bloqué. J’ai écrit la première partie en un mois, la deuxième a traîné 4 ans.

(…) les choses évoquées se sont cent fois passées mais pas dans les lieux du roman. J’ai donc inventé des noms. (…) je n’ai pas pu faire vivre à Julie ce que j’ai vécu en vérité. Ma plume ne pouvait pas (…).

J’avais 21 ans, j’attendais mon premier enfant. Crest était occupé par les allemands. J’enseignais dans un village du Vercors. Une école isolée dans un bois. Les maquis autour, les allemands en bas (…).

Ce que j’ai vécu en 44 était si violent tout au fond de moi que Maria en est morte, que son enfant n’est pas né : le contraire de ma chance».

A très bientôt.
Anne

Edito de mars 2018

L’Edito d’Anne

Mars aux gros flocons !

Une pensée pour l’anniversaire d’Anne Pierjean, le 6 mars … elle aurait eu 97 ans !  un âge absolument inconcevable pour elle, je pense… le temps a passé, ses mots restent.

Elle avait anticipé ce temps, souhaité une transmission, agité la main pour un au revoir bien avant son heure.
De nombreux textes en témoignent.

« Je continue à trier, à brûler les paperoles* de ma vie pour n’en garder que quelques unes à transmettre.(…)
En regardant mes feux de « paperoles » qui semblent immolées à quelques unes que je garde, je sais qu’il n’y pas sacrifice mais renaissance. Elles reviendront autrement et par d’autres, elles ne sont qu’ensemencements qui se réensemencent depuis la nuit des temps… Je leur souhaite, au long des âges, de trouver, quelquefois, quelque terre jubilatoire qui saura, tout ensemble, communier et jouir pour les remettre au monde avec leur puissance de « Jjoie »* : cette jubilation secrète qui ne peut être contenue et teste la Rencontre des Mots et du jardin. 

*paperoles= mot de Marc Soriano
* Jjoie = Joie jubilatoire

*           *          *

Le 8 mars, l’Association organise avec la Compagnie Zazie 7 une soirée pour célébrer  la Journée de la Femme : une soirée autour de textes un peu différents d’Anne Pierjean, engagés ou intimes : « Ecume » tiré de « l’instant exact », « Les marches du temps », inédit, ainsi que des extraits de « Le rosier blanc d’Aurélie »  seront accompagnés de textes d’autres auteurs, au 51, Rue de L’Hôtel de Ville, à Crest, siège de la Compagnie Zazie7.
Pensez à réserver au 06 87 31 18 50. Collation partagée après la lecture.

Extrait de « Les marches du temps »
« Ils ont marié Aziza. Je la croyais libre. Elle me venait avec sa mini-jupe, ses copains et sa cigarette.

Mais l’heure venue, ils l’ont mariée. Elle n’a rien dit. Elle est allée, si belle.
Je garde au cœur ses mélopées, ses mots de vent et d’autre part, ses ailleurs qui n’étaient que rêves : elle le savait depuis des millénaires.
Qu’en est-il d’elle et que dire ?
Et l’éternelle Rose Noire trouvera-t-elle son pas à l’arêtier des versants d’aujourd’hui ? »

Au programme de Mars, encore, la préparation d’un Documentaire sur Anne Pierjean par Jacques Mouriquand, Vidéos du Val de Drôme.

Et une autre  lecture en perspective, à Montoison le 6 avril… un mix de textes à concocter, inédits et édités pour tous les âges.

Le printemps des mots s’est mis en marche !

anne

Edito de Février 2018

 

L’Edito d’Anne
Edito de Février 2018

 

Notre première Assemblée générale s’est tenue le 22 Janvier et a permis le bilan d’une année féconde de lancement de l’Association et d’un travail en profondeur : un temps pour véritablement prendre la mesure de l’héritage littéraire laissé par Anne Pierjean et commencer à le présenter…

Un temps à lire, relire, savourer, trier, classer, consigner les ressources, organiser le site, l’alimenter de cette écriture tellement personnelle, intime et sensible, alerte ou émouvante, touchant si juste aux aspérités ou rondeurs des personnages , à leurs émotions, réactions, pensées… et les ancrant, ces personnages traversés de mémoire, au fil du temps qui s’écoule, scandé par des livres, entre des époques vives et nos paysages dauphinois.

« Jjoie longue de la longue mémoire »…

De livres édités en lettres retrouvées et manuscrits repris, comparés, saisis, préparés à une éventuelle publication, les mois ont vite passé… jalonnés d’évènements-lectures qui nous laissent de très jolis et chaleureux souvenirs.

Bilan aussi des liens tissés, qui s’élargissent et fructifient avec d’autres associations ou lieux culturels: l’UPVD, la compagnie Zazie7, les Amis du vieux Crest, l’Atelier des Pixels, la médiathèque de Crest et les bibliothèques des villages alentours et de Drôme des Collines.

Grâce à cet enracinement, les idées germent pour les années futures.

« ceux qui demeurent prendront ce qu’ils auront perçu quand nos moissons étaient vivantes (et l’imperçu les attendra avec son pouvoir de dormance qui a besoin, en eux, de leur heure germinative ) »

Nous voilà lancés dans les perspectives 2018 : d’autres lectures sont programmées à Crest et autour.
Le thème de l’année s’est imposé , tiré d’une lettre d’Anne Pierjean et sans doute en écho à ce travail de labour et de préparation d’une terre où nous avons eu le sentiment de semer, déjà, quelques graines:

                         « En semant, semant… Ensemencement »

« Je vous ai souvent dit que mon mot préféré était ensemencement.

C’est aussi celui de Michel Serres qui l’a dit à Bernard Pivot. Sans doute l’ai-je précédé dans le choix. J’avais Huit ans lorsque j’ai découvert le mot d’une façon très innocente. Je me souviens, c’était une dictée sans titre. Sur une île déserte un homme avait un seul épi de blé. Il l’a semé.  En a eu dix qu’il a semés, puis cent qu’il a semés. Hivers  étés recommencés, un jour il a pu moudre et puis pétrir. Trouvez un titre a dit le maître.

Le doigt levé j’ai répondu : en semant, semant…

Très bien s’est étonné le maître. Et il a écrit au tableau ensemencement .

Musique. La semeuse inépuisable.

L’éternité du mot qui recommence et s’éternise en semant, semant, semant, semant… c’est toujours mon mot préféré.

S’y ajoute une autre raison. Un an avant sa mort -j’avais six ans- mon père écoutait maman chanter « les blés d’or ». La nuit était venue. La brise aussi. Il m’a emmenée vers les blés écouter leur musique et j’avais perçu l’infini. J’étais là et partout, dans les bras paternels et le chant des moissons qui n’avaient pas de fin.

J’étais si dilatée qu’il a fallu le baptême des larmes .. le bruissement inépuisable s’est transmué en chant du monde »

 ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °

La première lecture de l’année aura lieu le 8 mars, Journée de la Femme, avec la Compagnie Zazie7 et à son siège 51, Rue de l’Hôtel de ville à Crest, à 20H30 : une soirée composée autour de textes d’une Anne Pierjean un peu différente : se livrant, intime, dans l’Instant Exact, et s’engageant auprès d ‘un groupe de femmes, parlant entre elles, prêtant ses mots à leurs récits dans un texte inédit que la Compagnie reprendra : Les marches du temps.

Le 6 avril une lecture à la Bibliothèque de Montoison

Le 15 juin à la Maison deMirabel au vieux village  

Du 13 au 30 Juillet, l’association participera à la deuxième exposition : Turbulence des Arts organisées par les amis du vieux Crest à la Chapelle des Cordeliers : Stand et moments quotidiens de lecture ( voix et textes mêlés)

En septembre une lecture à St Avit , à la bibliothèque APJ-Robert

Le 6 octobre lecture à la bibliothèque d’Allex

Comme d’habitude, et selon l’expression consacrée !, les dates seront rappelées et les modalités précisées « en temps utiles », en espérant votre soutien, votre présence et votre participation.

« dans tous les cas, j’espère que les moissons transmises sauront DIRE…. »

Anne Grangeon

 

Edito de Janvier 2018

Edito de Janvier 2018

la page a tourné  sur l’éphéméride de chacune de nos vies…  Dimanche soir, 2017 a couché son dernier soleil, Vive 2018 ! …
Et selon la formule consacrée : si nous ne sommes pas plus que nous ne soyions pas moins à cette année qui vient.

L’association Anne Pierjean, les mots et le jardin vous souhaite à tous de belles rencontres littéraires et humaines, une belle floraison 2018! … des idées à foison pour embellir les jours, des mots sans compter pour exprimer les plus douces émotions, les plus belles exigences et les indignations, des sourires et des rires, des regards en partage et des couleurs flamboyantes pour tapisser nos rêves et enrichir nos pas, des audaces sans hésitation, des émerveillements à chaque croisement de nos routes…

Si chacun est un maillon essentiel sur la ligne des siens, que cette année nouvelle nous permette d’avancer d’un pas ajusté et déterminé, confiant, et que nos rencontres et réflexions soient fructueuses… J’entends résonner en arrière texte des mots chers à Anne Pierjean, cadencés et rassurants : en semant semant… ensemencement… (à rechercher dans le  site !!)

L’assemblée générale de l’association aura lieu à son siège:
47, avenue Agirond, à Crest,  le lundi 22 Janvier à 19H.

Tous les adhérents y sont conviés et seront les bienvenus pour partager bilan 2017 et projets 2018.

Elle se terminera autour d’un verre et d’une collation pour célébrer l’année écoulée et les actions nouvelles.

Nous y ferons le point de notre première année d’existence et nous évoquerons le programme 2018, fait de lectures partagées, en voix croisées et liens avec d’autres associations, le projet d’un florilège de textes d’Anne Pierjean en fin d’année… et toujours l’objectif qui court en filigrane de faire écho à l’écriture d’Anne Pierjean  et de publier des inédits pour adultes.

Galaure

Le coeur s’y berce. C’est le vent feuillaret dont les branches s’ébrouent. Clapotement de la longue mémoire.

Heureux qui a mémoire simple où s’absenter inépuisable.

Mes espadrilles et mon chapeau de paille, le grand pré aux cuquioles, des morilles en rond, grises, bien chapeautées. Les mains pleines je cours vers Louise, sa surprise…

Et son visage. Le tendre de sa joue.. Clore les yeux, les clore, Jjoie longue de la longue mémoire.

Des peupliers qui toujours penchent, se relèvent et penchent. Mon enfance arrivée. Images lentes qui s’aboutent, se relèvent, s’aboutent … Eaux-sèves qui me portent et me reposent de tant d’avant.

Estuaire où TOUT repasse en transparence.

Pourtant TOUT mon repos est cette infinitude d’une peuplaie inarrêtable, en marche.

Galaure claire, je range, grain à grain, mon temps de sablierTOUT entier en tes rives.

APJ . 15 Décembre 1999

un poème que je partage aujourd’hui. Anne.

Edito de Décembre 2017

Edito de décembre

Aux prémisses d’écharpes brumeuses de début novembre, discrètes et fugaces, ont succédé les promesses de vols noirs, étourneaux en valses lentes et majestueuses dans un ciel froid.

L’après-midi avec les aînés, autour du Conte, le 15 novembre à St Avit, a ressuscité un moment les mémées et pépés, conteurs et bienveillants, à travers des textes inédits d’Anne Pierjean.

Cet après-midi là fut chargé en retrouvailles avec un autre temps, profondes , graves et heureuses, en croisements de souvenirs encore vifs, en plaisir simple d’être là et ensemble.
Ce fut d’abord l’écoute bruissante d’extraits d’ « Anne des Collines »… Attentive, réactive, animée, partagée : souvenirs d’enfance d’Anne Pierjean dans le village.

Puis l’écoute suspendue d’un conte, mots transcrits par Anne Pierjean (dans « Une enfance contée », inédit) d’un « loup marié » que Mémée Germain lui racontait, qui l’avait entendu de son aïeule, qui l’avait entendu de plus ancien… Quel chemin de traverse, quel conteur de passage, avait permis à ce « Loup marié » d’arriver là ? Le conte a surpris et envoûté !

Bien longtemps après l’avoir entendu avec délices au coin de quelques feux du soirs, Anne Pierjean écrit avoir retrouvé ce conte dans un livre, venu de Brentano…

J’ai reçu, cet après-midi là, des yeux pétillants ou rêveurs, des mains émues et tendres, des mots de fond de cœur, et suis revenue légère de sourires partagés et de rencontre, parfois étonnée, après un goûter savoureux , offert par le club des anciens de St Avit et Ratières.

C’était il y a bien longtemps, ce St Avit d’après la « grande guerre », ce St Avit de l’enfance d’Anne Pierjean et des grands-parents de ceux qui étaient rassemblés là…

C’était il y a bien longtemps et, pourtant, c’était vivant et heureux, d’une proximité palpable au-delà de tout, du temps, des mots et des malheurs qui ont marqué le passage du siècle.

Promesse est faite de se retrouver encore, d’explorer les anciens chemins sur les pas de ceux qui ne sont plus et de ceux qui se souviennent : remettre nos pas dans les sillons, les sentes et anciens passages, qui ont entouré le village et l’ont relié aux 7 autres, les perchés sur les collines et les nichés dans la plaine…

« Les mots sont une force et je l’ai su très tôt » a écrit Anne Pierjean dans ses souvenirs personnels, rendant hommage à ceux de ce village et de son enfance.

Les mots sont une force et, encore une fois, cette force nous a reliés indescriptiblement.

La fin de cette année approche.

Bientôt l’association « Anne Pierjean, les mots et le jardin » aura un an ! d’autres projets se profilent sereinement pour 2018.

Nous programmerons notre Assemblée Générale en janvier et ferons le bilan d’une année riche en émotions et actions : des moments de lecture, des rencontres, des manuscrits relus et retranscrits (prêts à être édités ?), des collaborations avec d’autres associations (la Compagnie Zazie7 et l’Atelier des Pixels)…et pour moi quelques pas de plus , mais des pas de 7 lieux !, sur un chemin de mémoire et de transmission.

L’année 2017 s’achève, l’année nouvelle s’annonce…après Noël ce sera vite l’heure de trinquer à L’An que ven !!

 

 

Edito de Novembre 2017

Edito de novembre 2017

L’édito d’Anne

Le 23 novembre 1993 , APJ écrit : « je continue de brûler les « paperoles » de ma vie pour n’en garder que quelques unes à transmettre »
(NB : « paperole s » mot de Marc Soriano)

Aujourd’hui, je recueille ce qui n’a pas brûlé, bouquet d’émotions plurielles, de fille, de femme, de mère et grand-mère, de professionnelle qui a tant entendu et rencontré de mots… Je retrouve les échos de ce qu’elle me disait et qui s’est inscrit assurément, confusément, intensément, prêt à se transmettre un jour, à s’incarner, à s’envoler, à se diversifier, à prendre sens….

Ces « paperoles », ce « rien ou si peu » … elle écrit ensuite qu’il fut son « équilibre, son balancier, son ouverture aux autres », « une intense rencontre avec les mots ».

Parmi elles, je partage avec vous ces (ses) mots d’automne :

« Toussaint.

Je mets des bouquets de chrysanthèmes dans ma maison. Le chrysanthème est devenu une fleur d’automne. Pour Maman, elle s’y refusait. Tous étaient pour les morts du cimetière…Excepté la rangée « des morts entrés dans l’oubli » : elle avait fait leur sanctuaire là.

Elle pouvait prendre quelques branches mais ne pas les démunir : elle les avait recueillis (au cimetière , elle fleurissait les tombes oubliées). Quand elle est morte j’ai bouturé ses « sauvages » qui fleurissent aux intentions de Maman.

Maman avait un jardin d’automne superbe .Elle avait des buissons de chrysanthèmes et d’autres qu’elle pinçait, dirigeant les sèves sur 5, 7, 9 têtes, ou 3 parfois. Il fallait un nombre impair ! je ne sais plus pour quelle raison. Chaque potée était destinée à un mort dans son coin de cimetière. Dans le coin libre, ils étaient à offrir ou « au cas où »…

Interminable bordure de chrysanthèmes laissés sauvages (juste dédoublés au printemps), pour « les morts un temps entrés dans l’oubli ».

( …)

« Des chrysanthèmes. Leur incroyable coiffure ne cesse de m’enchanter. Je dessine ici deux coeurs de chrysanthèmes de cette Toussaint ensoleillée et le détail de la coquetterie d’une boucle superbe, or et bronze.

J’aime leurs couleurs à la fois intenses et profondes, leurs calmes têtes à peine décoiffées au vent d’automne, leur raideur digne dans la chute des feuilles. Le jardin se défait de toutes parts. C’est leur heure de gloire : Ils sont rois.

Maman regrettait que le français les ait mis au masculin. Au patois de chez nous elles étaient au féminin.prenait une tête dans ses paumes et lui disait : ce français est fou ! coiffée comme tu es, ma  Elle belle ! ».

Toussaint est ensoleillée cette année encore et le jardin se défait , fidèle, de toutes parts. J’assiste à son envol vers le sol, entre bleu, or, orange et rouge.

« En regardant mes feux de paperoles qui semblent immolées, comme moutons noirs, à quelques unes que je garde, je sais qu’il n’y a pas sacrifice mais renaissance. Elles reviendront autrement et par d’autres, elles ne sont qu’ensemencements qui se réensemencent depuis la nuit des temps »

(Novembre 2001)

Merci.

Le 15 novembre, l’Association sera encore une fois à StAvit,  au Club des anciens de St Avit et Ratières pour un partage de  lectures autour du contes.

J’y lirai des extraits d’un manuscrit inédit « une enfance contée » et d’autres textes inédits tirés de ses mémoires (Anne Des Collines) ou de sa correspondance.

Le rendez-vous est de 14 à 17 H à la Bibliothèque Anne Pierjean-Robert. ouvert à tous.

Nous y resterons au chaud et nous partagerons les souvenirs des mémées et pépés conteurs de son enfance… ainsi qu’un goûter !

A bientôt

Edito de Octobre 2017

Edito d’Octobre 2017

L’édito d’Anne

La lecture balade dans le village de St Avit fut une belle rencontre : la chaleur et la lumière étaient au rendez-vous.

L’accompagnement musical des Saute-caruches , sa présence attentive aux mots de la lecture pour l’annoncer, l’envelopper, la prolonger, la précéder

ou la suivre, a réveillé par moment des envies de danser et l’écho du claquement de pied d’autrefois… quand les sabots ou galoches ponctuaient vif la cadence , quand les veillées se prolongeaient.

Hommage à Anne Pierjean et à son village, au fil assuré de la transmission orale.

Les passages lus étaient tirés de deux manuscrits inédits : « Une enfant et un village » et « Anne des Collines », puis du début du livre « les trois louis d’or de Maria » et d’extraits d’une lettre ouverte d’Anne PierjeanJ à ses lecteurs.

Les premiers textes parlaient du village, plaçant à chaque pause de la balade, des souvenirs précis d’une enfance enveloppée de la tendresse de tous… une tendresse soutenante et constructive qu’Anne Pierjean tenait à inscrire avec reconnaissance dans les mémoires.

« Les souvenirs d’enfance sont comme un grand livre d’images qui se feuillette au fond de soi, souvent… Il sont la trace en soi du « pays d’où l’on vient », la base et l’initiale force . (…) Parfois, j’en isole une longuement, je l’interroge. C’était où ? c’était quand ? Comment ? Elle garde son mystère et j’accepte de ne pas savoir mieux.(…)

Toutes sont le pas à pas qui fait la route, le point à point qui fait l’ouvrage, le seconde à seconde qui fait une existence »

« Les trois louis d’or de Maria « , un roman jeunesse, inscrit l’auteur, au-delà de la fiction, dans une filiation plus ample : ses aïeules et jusqu’à Mandrin : « ma mère avait reçu un louis d’or de sa mère, qui l’avait reçu de la sienne, et ainsi de suite en remontant les ans jusqu’à l’époque de Mandrin, le héros légendaire de notre Dauphiné » .

« une histoire d’amour qui a choisi pour symbole le vieux verbe register : résister ».

Les savoureuses soupes offertes par la bibliothèque et la Mairie, le fromage et la pogne partagés ont clôt la soirée dans une convivialité joyeuse .. discussions, échanges, retrouvailles se sont attardées avec délice.

Clôture du mois de septembre et ouverture du bal de l’automne, l’été indien prolonge le plaisir de flâner au soleil et les couleurs chavirent… quelques rouges sont apparus aux feuillages hauts, discrète invite.. puis le jaune a commencé à se décliner en touches camaïeu dans les vignes et les bois.. Dorées et patinées, les premières grandes feuilles des mûrier platane des jardins ont rejoint au sol les crocus ardents, intenses et serrés qu’avaient réveillé les premières humidités.

Temps des lumières et des déshabillages savants.

Les gammes vont se répéter , s’intensifier, se dérouler, conquérantes, les couleurs insister et s’harmoniser, se répandre jusqu’à faire oublier l’été, une nouvelle fois.

Nos projets se poursuivent. Prochaine étape : le 15 novembre, à St Avit encore mais l’après-midi, lecture et échanges « autour du conte »: rendez vous à 14 h à la bibliothèque avec le club des anciens de St Avit et Ratières .

( Attention la date initialement prévue a changé !).

A bientôt!