Archives de catégorie : Edito

Edito de Février 2023

Février…
Un saut dans le temps avec  un extrait de « Les trois Louis d’Or de  Maria » :
Maria est à Pontchanu dans la maison des Valfond et son amoureux, Benoît, à Valence , à trois jours de marche, chez Noretti sur les bords du Rhône…

« Six mois.
Sans se voir une seule fois. (…)
Six mois.
On était en février 1755.
Il faisait un froid qui gelait les moineaux vifs sur le bord des branches.
Maria et sa patronne Aurélie, dans le coin de la fenêtre, avaient sous leurs pieds des chaufferettes de fonte au couvercle grillagé, pleines de braises rougeoyantes.
Et, de temps en temps, elles se penchaient pour désengourdir leurs doigts qui tiraient l’aiguille.
(…)
Comme une récréation, Aurélie disait souvent :
– Allons vers la cheminée. Respirons un peu de chaud. Et tu me reliras la dernière lettre de notre Benoît.
(…)
A Valence, la vie était plus mouvementée.
Et, ce matin-là –le 2 février 1755—Maître Noretti riait sur son seuil, droit devant sa porte, les mains au fond de ses poches, le nez fourré dans son col et son large feutre aux rebords ternis enfoncé sur ses oreilles.
– Fils ! dit-il soudain en ouvrant la porte, debout vivement ! le spectacle en vaut la peine !

Les « fils », Benoît et Joseph, couchés dans un coin de l’atelier derrière des rideaux,  sautèrent au plus vite au bas de leurs couches et s’alignèrent près de Maître Noretti.
– la porte ! cria Dame Noretti  depuis  sa cuisine sise au fond de l’atelier.
La porte se referma, vivement claquée par les deux garçons.
– regardez-moi ça ! clama le verrier

De mémoire de Noretti, on n’avait jamais contemplé chose pareille. Le Rhône était gelé..
Pris totalement au niveau de la terrasse du couvent des capucins. Et, sur cette glace, une file de bœufs arrivait du Vivarais, conduite par des bouchers. Des femmes suivaient avec leurs paniers d’œufs et de légumes qu’elles voulaient vendre en ville. Et tout le monde traversait le Rhône à pied sec ! ».

Cet extrait, tiré du livre « Les trois louis d’or de Maria », où l’on croise Mandrin, nous offre une incursion bien dépaysante dans notre histoire.
Nos quelques giboulées de flocons fin janvier et les températures actuelles sont encore loin du compte…(du conte ?).

Janvier a été animé pour l’association :

Deux lectures offertes de « Si je regarde par-dessus l‘épaule de ma vie … » :

A la médiathèque d’Aouste , nous avons inauguré une lecture d’extraits plus longs, accompagnée par Syfax, guitariste, qui nous a fait le cadeau d’improvisations douces et ajustées avec délicatesse aux mots de l’auteure.

La  petite bibliothèque de Montvendre  nous avait invités à une  participation aux nuits de la lecture qui s’inauguraient ce soir-là. Dans un cadre très intimiste,  nous avons dédié notre lecture à Christian Bobin, hommage dans l’hommage qui lui était rendu dans de nombreux lieux au niveau national.
La discussion chaleureuse, intéressée et « découvrante » a largement compensé le petit nombre de spectateurs !
Peut-être recommencerons-nous « chez l’habitant », l’idée a été émise et fera sans doute son chemin.

Une nouvelle expérience a été d’offrir un moment de lecture au foyer Louise Vallon devant quelques anciens :
lecture à deux voix de passages de manuscrits inédits *  : autour des mémées et pépés conteurs du temps de l’enfance d’Anne Pierjean en Drôme des collines.

Là aussi, la discussion après lecture a été émouvante.
Nous renouvellerons ces moments avec grand plaisir. RDV est pris!
* extraits de « Une enfance contée » et « Anne des collines » (des textes à retrouver sur le site).

Puis, la soirée de La Bastelle, le 21, a été l’occasion de fêter tout à la fois  la lecture, Anne Pierjean, Christian Bobin et… le Nouvel An lunaire !:
après les lectures de citations-hommages à Bobin et l’échange des sensations éprouvées à le lire, nous avons surfé sur le « coup de cœur-lecture» apporté par l’une d’entre nous : le livre jeunesse d’Anne pierjean « Un épouvantail pour Cathie et Marc ».

La lecture à voix haute du début s’est enchaînée (et déchaînée, ce soir-là !), de manière improvisée, chacun passant joyeusement le relais à son voisin ! : ce fut la (re)découverte d’un texte alerte, très vivant, rapide et drôle, qui nous a « embarqués » par sa surenchère de situations comiques, visuelles, proches de l’âge des enfants auxquels le livre s’adresse, ne laissant jamais retomber ses effets. Une écriture légère, et inventive, pleine d’humour de situation, d’observations fines et de tendresse.

Le rire et les souvenirs d’enfances que le texte réveillait en chacun se sont donc invités à la soirée pour se prolonger autour de la table !

Des projets pour Février : une lecture de l’Atelier Passeurs de mots est prévue le 22 février à 19 H à l’Atelier 8  (géré par l’Association Fusain Rouge) 

 Le 6 mars, l’AG permettra de faire le bilan annuel de l’Association et de discuter agréablement des projets !
Information à suivre !

A très vite !

Edito de Janvier 2023

Edito de Janvier 23

Après le conte de Noël, édité en 4 épisodes par le journal Le Crestois durant décembre, je ne résiste pas à la tentation de fêter le Nouvel An avec cet extrait d’un manuscrit inédit: « La Bastelle aux deux Marie » (un roman que vous trouverez en intégralité sur le site):

« Antonin faisait sauter les premiers bouchons.
Fantine tenait la main de Claudia qui allumait les bougies.
Toute la soirée passa comme un rêve jusqu’aux douze coups de la vieille horloge.
On s’embrassa sous le houx, on s’embrassa sous le gui, Bonne année ou Bona Anado, les coupes s’entrechoquèrent…
Antonin distribua serpentins et confettis et l’on alluma les feux d’artifice. Et des étoiles colorées constellèrent tous les yeux qui fêtaient le nouvel an.

Alors s’éleva la voix grave d’Antonin, doublée de la voix aiguë de Bruno – le plus vieux et le plus jeune de l’assemblée. Ils disaient en occitan, tendant leurs verres très haut, la phrase sacramentelle :

– À l’an que ven… e se siam pas mai… que siegem pas mens. (2)

Fanny rappela que dans son village on la disait un peu différemment mais que les vœux étaient bien pareils :

– Le vieil an n’est plus et le nouveau est venu, l’an prochain il s’en ira et que nous soyons tous là…

Dans la cheminée, on plaça sur les chenets le morceau restant de la bûche de Noël.

Au départ, à la Noël, c’était une bûche de mûrier, dense, sculpturale, faite pour résister au feu toute une semaine, pleine d’écorces et de nœuds, et des trous partout.
Au bout de six feux du soir, elle était encore assez importante pour chauffer une bonne heure de l’année nouvelle.
Les flammes l’attaquèrent de toutes parts.
Elles sortaient bleues de certains cratères.
Parfois, elles brûlotaient court, parfois elles semblaient s’éteindre, mais les braises se crevassaient, vibraient en lueurs furtives dans le charbon noir, jusqu’à ce qu’une traînée violine, brusque et éclatée, rallume l’incandescence, ensuite les flammes. »

(2)  A l’an prochain, et si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins… Phrase communiquée par Patrick, chanteur occitan.

*       *       *

Durant cette parenthèse suspendue (où, ici, les traditions provençales se perpétuent), partout dans le monde, la roue du temps tourne et, en attendant la lumière qui déjà grandit, on savoure l’instant, en famille, entre amis, jonglant entre bilans, vœux, souhaits et bonnes résolutions.
Ces quelques jours de décompte s’égrènent comme une respiration qui ralentit, attentive à se vivre intensément, consciemment, pour arriver aux 12 coups qui lanceront une nouvelle année.

Quelle soit belle… peut-on encore se détacher assez des réalités crues de la vie du monde pour se souhaiter, tout simplement, de traverser l’année nouvelle, sains, saufs et tranquilles, jusqu’aux douze coups qui lanceront, encore, l’année suivante ?

Demeurer vivants, au sens propre comme au sens figuré, en vie et en devenir, en conscience, en présence, en douceur, en paix…

A l’an que ven …

*       *       *

Notez Bien  le Calendrier immédiat de l’association  :

Le 13 janvier : lecture offert médiathèque de Aouste, 18H. Présentation en « version longue » de « Si Je regarde par-dessus l’épaule de ma vie »

Le 17 janvier lecture à 14 H, au foyer Louise Vallon, par l’atelier  «passeurs de mots » de l’association : morceaux choisis de « Jean de Bise » et « Paul et Louise »

Le 20 janvier : lecture à la médiathèque de Montvendre : 18h « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie… »

Le 21 janvier : Rendez-vous de La Bastelle, de 18 à 20 H partages de lectures et découvertes d’APJ, comme d’habitude : prolongations des échanges autour du verre de l’amitié !

Merci à ces lieux de nous accueillir et nous faire confiance.

Et puis, en perspective : l’AG qui se tiendra le 6 mars entre 18 et 20 H à La Bastelle, siège de l’association. Pensez dès maintenant à noter la date sur vos agendas et à prévoir de renouveler votre adhésion !
Le poste de secrétaire sera à pourvoir, alors si le cœur vous en dit ! Hélène, qui l’assurait, a souhaité passer le relai. Merci à sa contribution attentive à nos activités.

 

Edito de Décembre 2022

Passionnément novembre….

Oui, ceux qui me suivent s’en souviennent peut-être, je n’aime pas vraiment novembre, pourtant j’ai souri ce mois-ci en longeant des champs de colza fleuris pour la seconde fois, et d’autres parsemés de têtes de tournesols éclatants, l’air ébahi de s’être aventurés si loin dans la saison… Alors j’ai traversé novembre un peu incrédule, pas convaincue d’y être, de petits bonheurs en petits bonheurs.

Les visites aux cimetières, les labours, les chrysanthèmes ébouriffées, les vignes jaunes et les arbres « roux comme pain cuit », puis les vins nouveaux ont amené mon esprit vers Saute-Caruche…

Ça commence comme ça :
« Passe à la Mairie, Saute-caruche, le Maire veut te voir.
Le Maire voulait le voir ? Saute-Caruche resta le pied en avant, marche suspendue.
(…)
Saute-Caruche y alla de cette démarche légèrement cahotée qui élançait le talon comme pour un saut et puis le pied retombait en pas ordinaire, mais l’épaule poursuivait et accusait

La lancée d’un bref soubresaut. On aurait dit -tiens !- qu’il traversait un labour hérissé d’énormes mottes -des caruches quoi !-  qui vous font marcher à tous petits bonds , comme les chasseurs ou les gens pressés qui tirent tout droit d’une ferme à l’autre, sans suivre les routes.
(…)
Le plus court chemin entre deux fermes voisines n’était certes pas la route.
Naturellement, au temps des récoltes, on les suivait, les chemins.
Seulement, pour les labours, c’était différent : un champ labouré, ça se traversait à saute-caruches – mais Romain Breton, labour pas labour, avait toujours l’air…Bref ! Saute-Caruche même sur les routes plates.

-Te voilà, dit le Maire, assieds-toi !
J’entre tout de suite au vif du sujet. Tu sais, dans le cimetière, la concession là à droite, derrière la grille ? Celle que personne n’entretient ?»… C’est la concession Bréton. Sa pierre est tombée. On a cherché les héritiers, il n’y en a pas. Mais Amélie, la dernière, elle a eu un fils….
Où est-ce que le Maire voulait en venir ? Si cette Amélie avait eu un fils, il y avait des héritiers. Il y en avait au moins un… .
-Ce fils, elle ne l’a pas élevé. Elle l’a mis à l’assistance. Mais il est vivant. Alors cette concession, elle est de son sang. Et on a pensé…
Romain se taisait, le Maire il a pensé quoi ?
-Ecoute, Romain, tu t’appelles bien Bréton ? Et tu es de l’Assistance ? Et le père de la mère d’Amélie Bréton s’appelait Romain ? Et le généalogiste a été formel : en t’abandonnant elle t’avait laissé son nom. Alors, cette concession, par le sang, elle est à toi.
-Vous en êtes sûr ?
-Je te le dirais pas sans ça … Les Desgrands voulaient l’acheter, la concession. On a regardé ce qu’il en était… C’était un achat à perpétuité…
Ecoute, les morts ça ne se vend pas. Je te le répète, par le sang ils sont à toi, même si, de leur vivant, ils ne t’ont pas reconnu.  Et j’ai voulu te le dire… Alors, cette concession, tu la gardes ? Est-ce que tu la prends ? Si oui, tu me l’entretiens. On marche vers la Toussaint et cette pierre tombée, ce coin pas entretenu, ça fait honte au cimetière, ça fait honte à la commune.
Une concession à lui ?
Et tous ces gens enterrés lui seraient une famille, là, dedans la concession ?  Et la dernière de morte, ce serait sa mère ? Amélie ? Elle s’appelait Amélie, la mère qui l’avait fait ? Et il apprenait tout ça, Saute-caruche-le-déraciné, sans que les platanes, roux comme pain cuit, au-delà de la fenêtre, en frémissent d’une feuille ?
(…)
Tous ces ancêtres qui lui arrivaient à la queue leu leu, remontant le temps, ça avait de quoi le déconcerter et l’estomaquer quatre ou cinq minutes. »

Voilà, ça commence comme ça, « Saute-caruche » d’Anne Pierjean!
Paru en 1977, c’est un roman pour ados que les adultes lisent avec plaisir… il est à la médiathèque de Crest, à la réserve (il faut donc le demander au bibliothécaire)… et nous sommes quelques uns, à l’Association, à pouvoir le prêter.

« Un livre sur le bonheur et la joie de vivre » dit la quatrième de couv, sur la filiation surtout, la découverte de la paternité et de tout ce que ça bouscule de se retrouver inscrit dans une lignée quand on a 50 ans et qu’on se pensait venu de nulle part…

Pour poursuivre un peu le plaisir de la lecture et fêter l’automne :

« Romain avait l’impression de commencer juste à vivre, de venir de naître aux autres, d’éprouver un grand besoin de jeter la vieille peau close de partout, de la voir s’ouvrir, de vouloir durer.
C’était bon, chaud et trouble. Un peu comme ce que l’on ressent quand le vin nouveau « claque »  sur la langue et qu’on le goûte en famille, frais sorti des cuves, au fond du cellier.
On a oublié le goût de l’autre vin qui finissait par sentir un peu le tonneau. Ciel ! que le nouveau est bon, même tout grelet, tout vif… il est encore la vendange. Il possède cette force et cette puissance des sucs tout nouvels et à peine transformés. Il est sève dans la bouche. Et la cuve, là, bouillonne des sèves de tout le vignoble. On en devient vigne. On en perd tous ses bois morts. »

Au Café-Bibliothèque de Chabrillan, le 20 novembre, la lecture d’extraits de « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie » a permis à quelques nouveaux lecteurs de découvrir Anne Pierjean  avec une émotion qu’ils ont tenu à dire et de déguster, aussi, le vin nouveau en continuant le partage.

A la Bastelle, au Rendez-vous du 21 novembre, quelques anniversaires ont été fêtés, vins nouveaux et anciens partagés, les échanges de souvenirs et de textes choisis ont fait germer l‘idée de proposer au Crestois la publication du conte de Noël (inédit) lu ce soir-là … Dès le lendemain, ce fut chose faite et la proposition immédiatement acceptée : « Premier Noël » paraîtra donc en épisodes dans les prochains numéros du Crestois, à partir de décembre !

Bonheur de ces rencontres qui aiguisent la créativité de chacun et merci à ce collectif convaincu, véritable famille de lettres, qui démultiplie l’écho de cette écriture et relaie les initiatives.

L’année se finit donc en beauté, avec des perspectives de lectures en janvier et la sensation que des pistes nouvelles n’en finissent pas de se tracer …

Actualité

Une envie d’un moment de pause, en tranquillité et amitié , à voix feutrées  et complices ?

                                         Dimanche 20 novembre prochain,

une lecture vous sera  offerte au Café Bibliothèque à Chabrillan entre 5 et 7, entre tombée du jour et entrée dans la nuit, entre chien et loup, entre prose et poésie… :
« Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie » d’Anne Pierjean…

Des textes entre jardin de vie et compagnonnage avec la vieillesse, dans l’apaisement des tumultes, au pas à pas des jours, comme elle aimait l’écrire…

Puisqu’Elle nous a laissé ses archives, décantées et toutefois foisonnantes, puisque je suis sa fille, puisque j’ai eu l’émotion intime de composer avec ses notes, blocs-notes et lettres, un recueil qui, par moments, s’est écrit à quatre mains comme elle m’y avait invitée … j’aurai Joie à lire avec Claudine et Jean-Pierre des extraits choisis, et à évoquer ensuite avec vous les souvenirs qu’elle nous laisse et la saveur de cet héritage de mots, tellement porteurs, sereins et rassurants.

Elle fut institutrice un temps à Chabrillan, toute jeune maîtresse et maman pour la première fois, en 1944.
Elle a aimé ce village et tous ceux où ses remplacements l’ont conduite, dont elle m’a souvent parlé.
C’était en filigrane de sa vie, comme son émerveillement devant les enfants à qui elle enseignait et contait, pour qui elle a ensuite écrit avec passion, pour continuer « la classe » qu’elle ne leur faisait plus, pour faire durer la rencontre avec eux, essentielle.

Son histoire d’amour avec les mots, fut heureuse. Elle le savait et le disait, le savourait, en fin de parcours, avec une joie qu’elle nous a transmise : « l’écriture m’est souffle », écrivait-elle… ce souffle qui a soulevé les montagnes, les tumultes et les obstacles, a généré de multiples rencontres d’émotion et l’a portée, aux derniers pas,

« J’en appelle à la tendresse
Et je laisse couler.
(…)
Et le mot ouvre ses pétales,
Miracle de la Joie et de l’instant » APJ

Anne Grangeon, association Anne Pierjean, les mots et le jardin

Lecture offerte à Chabrillan, café-Bibliothèque, le 20 novembre 22 à 17 H

Edito de Novembre 2022

L’Édito d’Anne, novembre

Que dire d’un mois d’octobre qui évoque un printemps ? d’un changement d’heure qui insiste au fil des ans ? d’un novembre qui arrive en douce ? d’un Halloween qui frémit en bordure de Toussaint? d’une maison emplie de textes et souvenirs qui s’égrène en paroles à haute voix ?

Que dire d’inédit, de nouveau, de pertinent, de fertile … ?
La vie se fraye son chemin … d’un solstice à l’autre… entre surprises et reprises, rengaines et solos.

Novembre, pour l’association, verra la reprise d’un petit calendrier de lectures dans quelques bibliothèques alentour : entre celle qui se posera au Café bibliothèque de Chabrillan le 20 novembre, à 17H, et celle qui reviendra, en version longue, à la Bibliothèque d’Aouste le 13 janvier à 18H, d’autres dates s’installeront, non encore définitivement fixées…

C’est chaque fois une présentation du recueil « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie », livre hommage à Anne Pierjean.
Chaque fois, l’occasion de retrouver sa voix et d’échanger ensuite impressions, émotions et souvenirs.

Nous serions heureux qu’un musicien ait, un jour, envie de mêler ses improvisations ou évocations musicales aux lectures que nous offrons dans le cadre choisi des bibliothèques, lieux de vie et de rencontres des mots. Invite.

Prochain rendez-vous de La Bastelle, le 21 novembre : entre dégustation de mots et de mets apportés, des invités élargiront le cercle. Je compte avec foi sur les rencontres pour créer des perspectives inattendues et de nouveaux chemins !

Les fins d’années augurent toujours des futurs qui s’inventent en leurs temps.

J’entends, en sourdine, ce « tout évolue, rien ne bouge… » qui revient en leit-motiv dans le début de « Anne des collines », comme une invitation à la valse et un rappel de la cadence du temps.

Lisez bien !

Edito de Octobre 2022

l’Edito d’Anne, Octobre

La ritournelle de l’automne s’est rapidement programmée en ce septembre. Aux premières pluies en écharpes de vent, le pré a reverdi, les crocus sont sortis et, du très chaud au presque froid, un bond nous a ramené vers nos couettes et l’appréhension d’un hiver que les économistes et politiques prédisent rigoureux.Embarquement précipité pour octobre !

Mais, édito oblige, Zoom arrière sur septembre :
Le Forum des Associations a permis des ventes de livres, des discussions chaleureuses, des échanges, des questions, des regards intrigués, prises de contact et intérêts croisés qui donneront peut-être lieu à de nouvelles perspectives.

Pour une association comme la nôtre, ces rencontres de rentrée ne sont pas synonymes de nouvelles adhésions. Il y est davantage question de projeter des lectures, de reprendre les projets amorcés au printemps dans diverses bibliothèques, de partager nos plaisirs de lire … d’imaginer de nouvelles pistes où s’aventurer.

L’Atelier « Passeurs de mots » a repris ses exercices à voix haute, sur divers textes, au gré des choix de chacun. « Petit conservatoire » de Claudine, très vivant et convivial, calé sur le cycle de l’année scolaire, il projette joyeusement, en sa rentrée, deux lectures en public : en février et en juin, perspectives et aubaines festives pour nous entendre raconter des histoires choisies dans le répertoire d’Anne Pierjean.
Nous vous tiendrons au courant!

La Bastelle continue d’accueillir ses rendez-vous bimestriels du 21.
Le 21 septembre a permis, selon l’habitude, d’échanger autour de courts passages aimés et lus à tous : « Jean de Bise », « Paul et Louise », Maria jonglant avec ses œufs de dinde et rencontrant Mandrin (début de « les trois louis d’or de Maria ») … les images s’enchaînant, la plume d’Anne Pierjean nous embarquant au-delà des réminiscences de scènes et de paysages de la vie d’autrefois vers la subtilité des sentiments et émotions des personnages décrits, on en a même chanté en patois … Avant de déguster vins et tartes variées !

Prochain rendez-vous le 21 Novembre:  Pour préparer vos lectures, je propose d’essayer de trouver dans les livres d’Anne Pierjean que vous lirez ou re-lirez, des passages où il est question d’ambiances d’automne, voire d’entrée dans l’hiver car la soirée se déroulera, c’est sûr, autour du feu !

Ces rendez-vous de la Bastelle sont aussi des temps de discussions et de mises en commun d’informations. De fil en aiguille, s’y construisent de nouveaux projets qui font la vie de l’association.
Ce sont des moments précieux où surgit, par l’apport de chacun, une richesse d’idées. (il me semble que la grand-mère de Claudine disait quelque chose comme ça : Il y a plus de choses dans la tête de deux que dans la tête d’un !)

N’hésitons donc pas à inviter de nouvelles personnes !

 

Edito de Septembre 2022

Edito de Septembre

Août en balade, en déconnexion, août à engranger des images et des mots, des sensations, des émotions et une chaleur pour tout l’hiver. Août à marcher et à lire, à penser, re-penser et projeter, initier, ré-initier, changer de paysages… Au décours, comme en sous-bois, l’idée s’est imposée d’incurver, à peine un peu !, la ligne de vie de l’association, la moduler, l’inventer encore, la compléter fidèlement à son esprit, la réfléchir au-delà, l’infléchir, emprunter des sentes et des rivières nouvelles avec leurs cailloux semés en gués à franchir…

Au bout de ses 5 années de vie, grâce à l’ensemble des rencontres, des lectures partagées et de la publication du recueil hommage, qui a marqué une étape importante, grâce à l’expérience des « rendez-vous de La Bastelle » et de celle de l’atelier « Passeurs de mots », l’association a grandi, une courbe s’amorce : l’envie d’élargir les chemins que nous parcourons ensemble, plus nombreux qu’au début, d’ouvrir les lignes de perspective, d’accueillir l’enrichissement qui s’est offert d’année en année.

Les évidences, qui se sont imposées au départ, se nuancent d’autres, à explorer. Les idées se complètent, une nouvelle étape se dessine (à vivre aussi intensément et simplement que la première !) :

L’écriture d’Anne Pierjean continuera de se transmettre tout en soutenant les liens avec d’autres écritures, peut-être d’autres arts … cette rentrée donne envie de souffler sur les mots pour les diffuser en éventail, mots panoramiques à partir d’un point de vue commun.

D’une écriture l’autre… D’une expression l’autre… Et l’envie de voir où cela nous mènera!

Transmettre nos lectures plurielles, les écritures aimées, rencontrées, s’appuyer sur nos actions-sœurs, partenaires, nos sensibilités croisées, aux mots et aux autres façons d’appréhender la beauté de la vie, en arts divers, expressions volatiles et prégnantes de ce qui nous touche…

Nous sommes devenus, en 5 ans, un collectif qui a poussé sur un terreau riche.
Laisser maturer ce qui pourra en émerger, y grandir. Le discuter, l’élaborer, le partager.

Nous avons abordé l’été avec des lectures projetées pour la rentrée, des dates à fixer au retour de vacances, la perspective du Forum des associations, le 3 septembre, la date du 21 septembre pour le prochain Rendez-vous de La Bastelle et celle du 14 pour la reprise de l’atelier de lecture à voix haute, Passeurs de mots, qui, lui aussi, a projeté de s’ouvrir et de grandir, avec ses propres projets.

Septembre va préciser toutes ces sentes à explorer, développer, affirmer… « Ensemencement, en semant, semant » … la vie se renouvelle, se fertilise, à chaque pas, transmise et imprévisible à la fois.

Nous allons nous retrouver, discuter, et proposer aux mois qui viennent d’enchaîner et broder sur les idées de cette rentrée !

Rendez-vous le 3 septembre au Forum des Associations à Crest : de 10 à 17 H !

Edito de Juillet 2022

Edito de Juillet

 

Juin nous a permis quelques belles lectures et rencontres dans les bibliothèques de St Avit, Eurre et Allex.
 

 
Les lectures de présentation du recueil ont séduit de nouveaux lecteurs, et favorisé les retrouvailles avec certains anciens, fidèles à se manifester. Ces villages ont connu Anne Pierjean, enfant, puis l’institutrice, qu’elle a été, et l’auteure installée à Crest.  L’émotion et la convivialité ont été aux rendez-vous. Les souvenirs s’égrènent avec tendresse, chaque fois, à l’évocation des histoires qu’elle racontait en classe, dont certaines ont la mémoire claire, et des dédicaces qu’elle faisait à la Librairie-papeterie Chalamel, rappelées avec émotion. La même ferveur me surprend chaque fois dans les yeux de ceux qui se souviennent et me parlent, avec leurs  regards d’enfants retrouvés…
 
Nous avons par ailleurs inauguré les lectures d’un conte « Des yeux bleu barbeau » (ou l’histoire de Céline de Bise) : De belles réactions des auditeurs, touchés par la poésie de l’écriture et une histoire brève où se profilent en perspective les thèmes chers à Anne Pierjean, filiation, transmission, tendresse, magie des fins qui ramènent chaque récit à la séduction d’un conte.
 
Céline est la grande sœur de « Jean de Bise », dont les aventures ont fait l’objet du dernier livre jeunesse publié par l’auteure en 1993. C’est donc une plongée dans le temps de cette famille, dans les années 1750… et le fond que l’on reçoit en plein cœur, en filigrane, reste très actuel.
 
L’atelier « Passeurs de mots » suspend son activité pour l’été et reprendra en Septembre.
Le verre de l’amitié a fêté l’arrivée des vacances pour des « passeurs » de textes très impliqués et appliqués, qui se retrouveront à la rentrée ! peut-être le groupe s’agrandira-t-il ?
A la veillée qui s’est prolongée, on a parlé de contes, encore, de poésie et de magie de la rencontre à travers les mots qui nourrissent l’imaginaire… une vigilance de tous à transmettre ce fil précieux, l’imaginaire conducteur, qui contribue à tisser la sensibilité aux émotions et la richesse d’une langue… on a peut-être parlé culture, finalement !?
 

 
Le prochain Rendez-vous de La Bastelle, le 21 juillet, permettra de fêter quelques anniversaires et de projeter les activités futures, tout en partageant nos plaisirs et découvertes des lectures qui nous relient à Anne Pierjean.
 
Petite suspension du temps pour une pause estivale, en août, et la reprise sera marquée par la participation au Forum des Associations, le 3 septembre. Comme chaque année nous y tiendront un stand !
 
Pour l’heure, la St Jean juste passée, je ne résiste pas à l’envie de la fêter encore en mots tirés d’un des livres jeunesse d’Anne Pierjean … un parmi ses livres à destination des ado qui confinent étroitement à la littérature adulte: « Le rosier blanc d’Aurélie », publié en 1992.
 
« Le mariage eu lieu le jour de la Saint-Jean, dans l’intimité.
La famille de Lalie était faite de trois femmes, et celle de Juste était plus petite encore, réduite à son père.
Les Daguet, priés par Juste pour la convenance, n’avaient pas osé venir à cause de l’Alexandre.
Toine les avait représentés. De toutes façons, Toine serait venu pour le mariage de Juste.
Le Toine avait la tendresse et la gaîté dans le sang et s’il y eut fête, ce fut grâce à lui.
 
Le soir, tous les jeunes du pays cernèrent les Ronciers avec des guirlandes, des torches et des rubans de Saint-Jean.
Enfin, ils frappèrent à l’huis.
La mariée mise au courant quelques jours avant par Toine, arriva très vite, suivie par le Juste.
Dans le cadre de lumière ouvert par la porte, ciel qu’ils étaient beaux, les jeunes mariés ! Il y eut une ovation, des embrassades, des rires. Ils se tenaient par la main. On réclama qu’ils s’embrassent. Des poignées de riz, des poignées de fleurs tombèrent sur eux. Une petite fille offrit un bouquet d’épis et Toine chanta Les blés d’or, debout sur un banc de pierre.
Puis les violoneux attaquèrent des farandoles.
Au centre de l’aire on posa plein de corbeilles de brioches, de massepains, de bugnes, de fougasses, sur de grands tréteaux couverts de draps blancs que le vent du nord faisait palpiter de vagues creusées de bleu de lune.
Et Toine offrit le fagot du feu de Saint Jean.
On franchit le feu qui trouait la nuit de hautes flammes rouges, frangées de bleu et de jaune et d’une fumée pourprée qui montait bien droite.
 
La robe blanche de Lalie s’élevait comme deux ailes et s’enroulait, retombant aux jambes de son homme qui avait sauté, bien du même pas.
Cent fois ils recommencèrent au milieu des rires.
Cent fois la même cadence, cent fois la même promesse que se disent les amoureux de la Saint-Jean : « Je t’aime et je t’engage ma foi ».
Et cent fois ils s’embrassèrent, les yeux remplis de tendresse. »
 
photo des blés
 
Bon mois de Juillet et à bientôt
 
anne

Edito de juin 2022

Je sais que La Bastelle est heureuse d’accueillir des moments comme celui qui était inscrit dans le calendrier au 21 mai comme « Rendez-vous de La Bastelle ».

Je le sais, intimement, comme je sais que mes mains sont heureuses de transmettre les mets et les textes qui font l’accueil.

Merci de me tendre la main pour ces partages, chaque fois chaleureux et riches.

Me vient en mémoire un texte d’Anne Pierjean qui évoque les gestes des aïeules, leurs mains « en poignets bleus » pétrissant une pâte dans un même mouvement, « au recul du temps »…

Je ne retrouve pas ce texte, qui me reste comme la perspective d’une image répercutée à l’infini comme dans un jeu de miroir… sans doute un passage inclus dans un autre,  ou confondu, dans mon esprit, avec un autre, retrouvé lui mais où je ne dégote pas ce passage. Il ressurgira en son temps !

En revanche, dans ma recherche, je retrouve un écrit de 1941 qui commence par la Fête d’une Grand-mère.
Cette page concernant la Fête de Mamée trouvée le jour de la Fête des mères… signe encore de cette enfilade du temps ?… Je le transcris !

« Une rose rouge, ce n’était pas grand-chose à offrir pour la fête de Mamée, surtout quand cette rose, balancée le long du chemin au rythme de la course, avait subitement perdu la tête, une lourde tête veloutée qu’il faudrait, maintenant, récupérer dans une flaque.

Et Chris considéra la grosse tige épinue, privée de feuilles depuis longtemps, et de tête en cette minute.
Puis il se pencha sur la flaque, cueillit la rose par un sépale, la secoua et essaya de la rajuster sur sa tige -pour voir seulement : on ne ressoude pas les roses !-  elle s’y incrusta bien et il en eut satisfaction : elle était bien cassée!
Néanmoins, il jeta la queue dans la flaque et repartit en sifflotant, la rose posée dans sa paume ouverte.
La rose était belle au centre mais le bord s’était fripé dans la chute. On eut dit une vieille rose oubliée au fond d’une poche ! non, vraiment, ce n’était pas grand chose à offrir à une grand-mère.
Mais elle sentait bon.
Et puis, l’intention faisait tout, Mamée le répétait toujours. Alors Chris gonfla la poitrine, serra sa main tiède autour de la rose qui menaçait de s’échapper et galopa comme un cabri.

La clairière était zébrée de soleil mais fraîche encore de la pluie du matin. Chris, au passage, secouait les rameaux pour recevoir une douche tiède, puis il s’ébrouait, repartait sans oublier de rire.
Il se souvenait bien des ordres de Mamée, « ne mets pas tes pieds dans les flaques », et les avait toutes évitées. Mais les douches des branches étaient bien autre chose : cent gouttes d’arc-en-ciel dans un soleil qui chauffait bien.
Son poing fermé sentait bon de la rose.
Et il l’ouvrit pour y plonger le nez.
Horreur ! la pauvre rose était maintenant cuite.
Une rose cuite et l’intention ?

L’intention suffirait : il jeta la rose abîmée et recommença à courir, scandant le bruit de ses pas d’une chanson aussi légère que sa tendresse : »Bonne Fête Mamée, mamée, maminouche… « .
Sa voix montait, ses pas sonnaient, il courait maintenant à perdre haleine, impatient de voir sa grand-mère.
Et, dans le tournant du chemin, il devina sa pélerine, ses sabots et son bâton de houx.
A bout de souffle et muet de tendresse, il se jeta sur elle, le visage perdu dans le doux fichu tiède.

– Mon bandit ! répétait Mamée… Ne me renverse pas voyons !
Puis glissant le doigt entre col et peau :
– tu es mouillé de chaud. Et tes cheveux sont tout trempés…. Mais Mamée n’épilogua pas, elle ignorait les reproches en litanies et elle plissa le nez, déjà plissé au maximum :
– quel bon vent t’amène, mon Chris ?
– Bonne Fête, Mamée.

Il raconta la rose.
Elle mit son nez dans la paume tiède et y respira l’intention jusqu’à en perdre ses lunettes ».

                                                                         ***

Le joli mois de Mai  achevé, le continuant dans « la marche du temps » (une expression chère à Anne Pierjean) Juin nous offre la perspective de quelques pages de lectures à partager  :
nous retrouverons St Avit avec plaisir, sa salle des Quatre saisons à la bibliothèque, le 4 juin, pour le Conte « Des yeux bleu barbeau » ou l’histoire de Céline de Bise.

Puis Eurre, Lectures au jardin, le 10 : « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie »
et Allex, le 11 à la Bibliothèque: « des yeux bleu barbeau ».

Merci très sincèrement à Claudine Delaine et Jean-Pierre Tourraton qui s’investissent fidèlement, amicalement et intensément dans ces lectures.

Le prochain Rendez-vous de la Bastelle sera le 21 juillet.

L’atelier de lecture à voix haute se poursuit joyeusement et avec sérieux :  3 séances en Juin : les 1er, 15 et 29, animées par Claudine, avant la pause de l’été.
Il reprendra en septembre.

Bon mois de Juin

J’espère vous croiser lors des prochaines lectures ! et compte sur vous pour faire circuler les infos !

 

 

« je ressens toujours la même émotion à la lecture de ces mots, de ce genre d’émotion qui vous donnent un direct au plexus ! » (Alain)

 

actualités de la mi-mai !
La lecture chez Rina a eu lieu, dimanche 15 mai, devant un petit public qui ne connaissait pas Anne Pierjean et nous a écoutés, parfois les yeux clos... "pour entendre la musique des voix et des mots", nous a dit Océane.

Rina, elle, connaissait Anne Pierjean, rencontrées autrefois lors d'un salon du livre, et m'a encouragée à créer l'association au moment où je cherchais comment faire écho à l'écriture d'une auteure qui, en tant qu'auteure et mère, me laissait de foisonnantes archives, dont je mesurais pleinement qu'elles recélaient des trésors !

aujourd'hui , elle  nous accueille chaleureusement et souligne le chemin parcouru, le bonheur du livre publié l'an dernier et les lectures qui se profilent.



Une nouvelle date s'est placée depuis le dernier édito le 4 juin : nous aurons le plaisir de lire "Des yeux bleu barbeau" à St Avit, village d'enfance de l'auteur, dont la bibliothèque porte le nom. Nous y avons été plusieurs fois accueillis.

Ce sera la primeure de ce conte, découvert un jour, mêlé à d'autres manuscrits non édités... 
Lorsque j'ai ouvert la chemise cartonnée orange, délavée, qui contenait le texte, j'ai craint que les trois chapitres, hâtivement feuilletés, soient le début d'un texte inachevé. 
Le lisant avec l'anxiété de rester en suspens, j'ai eu le bonheur de découvrir que ces trois chapitres étaient un tout. 
le texte, bien achevé, ressemblait à un conte.. et ce conte reprenait l'histoire du héros du dernier livre d'Anne Pierjean publié : "Jean de Bise"... pour moi, sans savoir pourquoi, il était évident que ce texte  devait d'abord être offert en lecture à St Avit! 
Année 1750, Céline, qui n'a que 14 ans, élève Jeantou, 2 ans...Jean de Bise. 
Elle remplace au quotidien la mère morte en couches.  Le père et le Grand-père l'entourent avec tendresse. 
Un jour, un mystérieux bouquet de barbeaux (c'est ainsi qu'on  nommait les bleuets) apparaît sur la fenêtre de la maison.
Durant une année, les bouquets seront tout aussi mystérieusement remplacés, sitôt fanés, par une main que personne ne surprendra...
la présence renouvelée des fleurs, au fil des quatre saisons suivantes, va adoucir les peines et réveiller des rêves, entretenir en chacun des pensées, espoirs secrets ou rappels de l'histoire qui se transmet...   

comme toujours chez Anne Pierjean, l'émotion nous est offerte en filigrane, par touches sensibles, impalpables mais opérantes !

rappel des futures dates sur notre calendrier : 
Le 21 mai : Rendez-vous de la Bastelle de 18 à 20H : échanges d'émotions et d'impressions de lectures d'Anne Pierjean, partage du verre de l'amitié.

Le 4 juin 17H "Si je regarde par-dessus l'épaule de ma vie" à la bibliothèque de St Avit. 
Le 10 juin, nous participerons à une soirée de "lectures au jardin" à Eurre. entre 17H30 et 20H30 avec "Si je regarde par-dessus l'épaule de ma vie".
Le 11 Juin nous relirons  "Des yeux bleu barbeau" à la Bibliothèque d'Allex, à 17 H.

	

Edito de Mai 2022

Mai, mai, mai

Mai, joli mai
tu nous fais le cœur gai
Quand tu fleuriras
nous irons dans les bois !
(cité par  R.J.Curtet dans son fascicule « les chants de mai »)

 Le joli mois de mai a bien commencé et mon édito a un peu tardé, j’étais trop occupée à finir avril et broder sur les perspectives à
venir !

Les arbres du jardin se sont déployés en rideau, enveloppant la maison d’un écrin vert et grenat où s’installe le cadeau pointilliste des iris. Soleil cru et pluies éphémères accompagnent le verdissement du pré émaillé de fleurs sauvages et l’ardeur joyeuse des grenouilles ! Le printemps s’étire comme un somptueux réveil.

Le 15 mai nous présenterons « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie » à Romans, chez Rina Santoro, 35 Rue Pêcherie à 18 H : lecture à trois voix et échanges.

Accueillis chaleureusement par Rina, une des premières personnes à m’encourager à créer l’association, nous espérons votre venue pour nous écouter dans ce vieux quartier de Romans, non loin de la cathédrale St Barnard et des quais.
Nous prolongerons avec joie ce moment autour d’un verre.
Il est possible de nous informer de votre présence au 06 08 15 64 05.

Le 10 Juin, nous participerons à une Fête à Eurre, invités pour les « Lectures au jardin » entre 18H30 et 20H30. Même présentation à trois voix. Nous aurons plaisir à ce partage dans un village où Anne Pierjean a enseigné quelques temps.

Le 11 Juin, autre lecture à Allex, à 17 H, à la médiathèque : une première, à deux voix, pour un texte original, inédit : « les yeux bleu barbeau », par Claudine et Anne.

Toujours d’Anne Pierjean, toujours dans la poésie et l’émotion, un texte aux allures de conte pour tous les âges (à partir de 8-10 ans):

Céline  élève son petit frère Jeantou et seconde son père dans un temps difficile… Nous sommes aux alentours de 1760, Céline est toute jeune, dévouée et vaillante, un peu triste … Elle voit apparaître un jour un bouquet sur sa fenêtre … mystérieusement renouvelé chaque fois qu’il se fâne… les saisons passent, le bouquet accompagne l’évolution, au fil du temps, de la jeune fille et de son père, chacun avançant dans sa prise de conscience de la vie et du temps à regarder en face, décantant les liens qui les unissent avec tendresse, sensibilité et pudeur des dires … jusqu’à la surprise qui éclaire la St Jean…

Ce texte, retrouvé dans les archives d’Anne Pierjean, évoque la toute petite enfance de celui qui sera le héros de « Jean de Bise », un de ses derniers livres édités. Il est comme un prélude, une jolie chronique de vie.

A bientôt 

Edito de Avril 2022

Avril

Une farce ce matin, à gros flocons sur le jardin… un clin d’œil pour m’amener à entamer l’édito d’avril que je n’avais pas encore posté !

Mars a été bien rempli en rencontres et émotions, avril nous amènera-t-il un lot de surprises? j’accueille ce présage blanc avec étonnement et joie, un émerveillement d’enfant aussi à l’ouverture des volets sur le jardin.

Ce jardin parle, qu’Anne Pierjean a tellement aimé et évoqué depuis les fenêtres de cette maison qu’elle décrivait ouverte aux quatre points cardinaux et où elle aimait suivre la course du soleil d’une pièce à l’autre, son ouvrage à la main, qu’il soit cahier, pièce de broderie, collage, peinture ou tricot…

Le bureau où se trouvent ses archives est maintenant au soleil couchant, vers les lumières qui habitent et enchantent les soirs au travers des branches du tulipier. Son bureau, du temps où elle écrivait était au levant et face aux trois becs. La roue du temps tourne, impermanence et continuité se côtoient et s’animent bien ensemble.

Le bonheur des tulipes au pré, celles qu’elle a plantées, et les cerisiers en fleurs appellent au dialogue : « un jour, vous me répondrez à travers une fleur… »

L’AG passée, la rencontre du 21 qui nous a animés de joies enfantines à écouter l’émerveillement continué d’Alice Guérin face aux souvenirs de ses petits élèves, les projets de l’association sont en route.

Le 6 avril démarre l’atelier de lecture à voix haute, Passeurs de mots, dans La Bastelle, cette maison d’Anne Pierjean où il est tellement évident d’accueillir les amoureux des mots et de l’expression, de la poésie et des transmissions orales. Carte blanche à Claudine Delaine qui l’animera.
L’objectif : se familiariser avec la lecture à voix haute, travailler en groupe, s’entrainer, guidé par une professionnelle, dans la détente et le plaisir de mettre les mots en bouche et en corps.
Ce sera de 18 à 20 H mercredi 6 avril à La Bastelle, 47, avenue Agirond à Crest. Contact pour inscription Anne 06 08 15 64 05. Deux ateliers par mois.

L’occasion de rappeler le texte  d’Anne Pierjean :

« Il écrit des mots, semés en lui par d’autres du temps qu’ils étaient vifs et que lui n’était pas.
Il dit : ils ont chanté, je chante.
Je chante pour que la joie demeure fleuve.
La symphonie du monde est un concert en marche,
des myriades d’exécutants qui se succèdent.
Il faut apprivoiser le chant, le vivre et le transmettre.
C’est la route.
(…)
Un jour il s’en ira, juste passeur de mots ébloui de sa tâche (…).


Le 19 avril, nous participerons à une formation d’animateurs BAFA avec une intervention autour de la question de « comment amener et intéresser les enfants à la lecture ». Sans être ni formatrice ni enseignante, j’apporterai le simple écho d’un auteur qui avait longuement exprimé, de différentes façons, son sentiment de responsabilités (plurielles) dans son rôle d’auteur pour enfants.

Je m’appuie sur une longue réflexion, texte écrit de sa main, dont je cite quelques passages:

« Rôle et responsabilités sont, je pense, la remise en question permanente qui sous-tend le travail d’un auteur pour l’Enfance.
(…) le rôle et les responsabilités d’un auteur pour les jeunes sont ceux de tout adulte qui s’occupe d’enfants avec cependant ceci de particulier : un auteur peut toucher beaucoup d’enfants et le contact se fait à un niveau privilégié, celui de l’intimité vulnérable et encore désarmée chez l’enfant qui n’a ni le jugement, ni les références, ni l’expérience adulte pour confondre l’auteur le cas échéant. Et puis ce contact se fait par la chose imprimée, cela a son importance.
(…)
Dans le monde, l’enfant qui a la possibilité de lire se trouve privilégié même s’il lit mal, et même s’il lit mauvais…
Il est des enfants qui n’ont pas accès au livre, il y en a même près des écoles et des bibliothèques. On leur dit « venez! » et ils ne viennent pas comme on dit « tiens-toi droit » et pourtant il y a des scolioses. Entre la voix qui appelle et l’oreille qui entend, il y a des milliers de murs qui sont faits d’autres appels plus tangibles, plus vivants, plus immédiatement chauds que le livre- objet hermétique pour le non initié.

 Il faut que le livre apprivoise un enfant et l’apprivoiser se fait par le cœur, la chaleur humaine, l’habitude du bien-être, du bienfait et du plaisir reconnu dans la rencontre. »

 Par ailleurs, des dates de lectures sont en cours de discussion : à Romans chez Rina Santoro qui nous accueillera chez elle en mai, à St Avit dès que la bibliothèque nous trouve un créneau, en mai ou juin, puis dans des jardins aux beaux jours, deux ou trois lieux privés nous sont proposés.

Nous apporterons des précisions dès que possible !

Bel avril et à bientôt

 

 

PS :  compte-rendu de l’AG du 21 mars dernier ! et quelques photos de ce moment chaleureux 

PRESENTS : Anne Grangeon, Jean-Pierre Tourraton, Hélène Legay, Claudine Delaine, Véronique Sibille, Maryse Amblard, Yves Mengin, Françoise Giroud, Anne Magnard, Marie-Agnès Sonzogni, Charles-Gilles Testa, Anne-Marie Gomane.

EXCUSES : Claude Cailleau, Henriette Lidin, Dominique Alphonse, Compagnie Zazie 7,Ghislaine Beaumont Chancel, Hélène Minair, Laurence Acoulon, Catherine Bonnet Bivaud, Alain Nesme, Michel et Nicole Blanc, Marie-Hélène About, Sylve Kornmann, Françoise Delhomme, Roger Amblard.

Bilan moral de l’année écoulée

L’année 2021 a été active pour l’association, malgré les divers confinements et précautions sanitaires en vigueur depuis 2020, ou grâce à eux : la lecture-hommage prévue pour fêter le centenaire de la naissance d’Anne Pierjean ne pouvant avoir lieu, l’idée du recueil s’est étoffée et s’est réalisée !

De la préparation du recueil à sa publication, en passant par une souscription, sa réalisation par david.b.studio -David, petit-fils d’Anne Pierjean- la première partie de l’année a été intense, et la promotion-distribution-présentation du recueil a rempli la suite !

  • 18 Septembre : première présentation au Centre d’Art de Crest lors des Journées du Patrimoine.
  • 19 Novembre : lecture à 3 voix lors de La Nuit des Mots, grâce à Radio St Ferréol et l’émission de Yolande Versier et Charles-Gilles Testa : » Donnez-nous : de vos nouvelles ».
  • 21 Janvier : lecture-échange à la Médiathèque de Crest lors de La Nuit de la Lecture.
  • 11 Mars : même présentation à la Médiathèque d’Aouste-sur Sye.

Notre trio de lecteurs se rôde avec plaisir : Anne Grangeon, Claudine Delaine et Jean-Pierre Tourraton.

  

La souscription nous a permis de financer la publication et de recevoir des soutiens d’amis fidèles d’Anne Pierjean avec qui elle a correspondu de son vivant, amis-lecteurs d’ici, de Paris, de Belgique et d’ailleurs.

Les retours sont chaleureux, les lecteurs  peut-être un peu surpris quelquefois par l’intensité des textes pour adultes d’Anne Pierjean, poétiques, sereins, émouvants dans la simplicité d’une écriture décantée aux multiples résonances…

Le 4 Septembre nous avons tenu notre stand devenu « habituel » au Forum des Associations,
Un moment de rencontres nouvelles à cette occasion.

Une proposition du Maire et du Service Culturel est de publier et d’offrir un livre d’Anne Pierjean aux écoliers crestois. Le projet est à préciser : quel livre choisir, quelles possibilités d’impression, quelles écoles ?

En Octobre, sur proposition d’auditeurs présents au Centre d’Art, nous avons inauguré une réunion-rencontre : Pour le Bonheur des Mots, qui se tient le 21 de tous les mois impairs à La Bastelle, siège de l’Association et maison d’Anne Pierjean.

C’est un moment d’échanges de nos lectures, découvertes et re-découvertes d’Anne Pierjean : lectures à voix haute de passages que nous avons particulièrement aimés, partage d’impressions de lecture… Une façon de continuer à faire résonner sa voix bien particulière – son phrasé, son écriture- et de faire écho à son « goût de vivre ».

Une belle année !

Le bilan moral a été approuvé à l’unanimité.

Bilan financier

Recettes :
Adhésions : 35 adhérents 35×10=350 et 5 nouveaux 5×15+75

Ventes de livres : 104×15=1560

Total : 1975 euros

Dépenses :
Frais de tenue de compte, édition du livre, photocopies, affiches, adhésion à RSF, site Internet, timbres etc…

Total : 702,39 euros

Actuellement  : 1272, 61 euros

Ce bilan a été prouvé à l’unanimité

Les projets

Notre communication s’active pour trouver d’autres lieux de lecture. Il existe 2 présentations du recueil « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie », une version courte d’environ 30 minutes, et une version plus longue enrichie d’extraits d’Anne des collines portant sur l’enfance.

Nous pensons à d’autres lieux pour lire : dans un jardin ? chez un particulier ?

Nous avons le projet de lire aussi d’autres textes, non édités, comme un conte pour tous âges :

« Les Yeux bleu barbeau ». Nous voulions en garder la primeur à St Avit, son village d’enfance. Nous l’offrons désormais à d’autres lieux désireux d’organiser cette rencontre.

Ces lectures sont « offertes », et nous proposons la vente du recueil à cette occasion.

Sur demande, nous sommes prêts à proposer d’autres moments de lecture-échanges avec le choix d’un thème, en mixant passages pour enfants et pour adultes, textes édités et inédits.

Quelques idées

Participer aux « Lectures de l’Avent », une soirée avant Noël, à La Bastelle.

Proposer, dans le cadre du CCAS, des randonnées dans des villages décrits par Anne Pierjean, avec lecture le soir.

Prévoir une lecture en Mai dans les jardins de la Tour de Crest.

Des livres d’Anne Pierjean se trouvent dans les réserves de la Médiathèque. Nous pensons éditer des cartes d’adhérent qui permettraient aux membres de l’Association de les emprunter, il nous reste à obtenir l’accord de la Médiathèque.

Le Bureau reste inchangé

  • Présidente : Anne Grangeon
  • Trésorier    : Jean-Pierre Tourraton
  • Secrétaire : Hélène Legay

Le conseil d’administration

Anne Grangeon,
Jean-Pierre Tourraton,
Hélène Legay,
Claudine Delaine.

Anne Grangeon clôt la séance et remercie toutes les personnes présentes.