Archives de catégorie : Edito

Edito de Octobre 2021

L’édito d’Anne

Octobre

Le retour des surprises d’automne m’éblouit chaque année.
Septembre a apporté son lot de belles rencontres, et nous avançons dans des perspectives confiantes, une jolie lumière d’automne nimbe le jardin, il est encore temps de faire provisions de soleil, de chaleurs crues et de mots de saison !
Les asters ont envahi l’espace, pop-corns expansés aux alentours des massifs qu’ils débordent!

Après une longue saison consacrée aux mots, j ‘ai enclenché octobre en taillant, jardinant et cousant … continuité là aussi de ce qui se transmet. Les aïeules ont cousu, pétri, materné, jardiné, peint ou raconté… entr’aperçues « au recul du temps », selon l’expression d’Anne Pierjean, il en est une farandole !

Le 28 octobre, à la demande de certaines, nous nous réunirons pour échanger autour des écrits d’Anne Pierjean, essentiellement partager nos impressions de lecture du dernier recueil :
Rendez-vous au 47 Avenue Agirond, à Crest, de 15 H à 17 H.

Nous y parlerons de ce qui nous touche dans ses livres, nous pourrons lire à haute voix les passages qui nous plaisent, selon l’envie, rappeler des souvenirs d’elle ou de ce que nous en avons lu…. Ce sera un moment à inventer ensemble ! et à répéter, peut-être ?

Ces derniers jours, Octobre Rose a commencé et je retrouve un texte d’Anne Pierjean qui pourrait apporter sa contribution :

Femmes,
nous allons
et le balancier de nos jambes enclenche l’heure.
Perpétuel, il assigne le jour et entr’ouvre la nuit,
son tic-tac bat avec nos tempes.

Ayant donné la vie, il nous importe qu’elle prenne essor.
Nous redoutons la clôture des cercles,
nous cherchons la fêlure qui enspirale, érige…

Alertées, nous tournons inlassables
et créons la brèche.

Silencieuses et têtues,

nous irons sans fin.

Transcrites,
il nous incombe de flécher les chemins libres,
de laisser trace.

 

Entre deux éditos, un point de notre actualité,

publié sur la page Face Book de l’association :
Moment chaleureux de présentation du livre hommage à Anne Pierjean, hier au Centre d’Art

Hommage à l’auteur, la femme, la mère et la grand-mère qu’elle a été, grâce au soutien et à l’aide précieuse des membres de l’Association pour la construire et l’animer, grâce à la conception artistique de l’ouvrage , sensible et délicate, offerte par David Benmussa, mon fils et son petit-fils… une transmission assurée avec émotion.
Photo prise par Florence, fille et petite-fille artistiquement et affectivement très concernée par la prolongation d’une mamie qui a beaucoup « conté »!

J’ajoute que des rencontres se sont multipliées depuis le Forum et cette présentation dans le cadre des journées du patrimoine, qui m’enchantent et dont j’espère de nouveaux projets créatifs … « Dormance, germance, fleurance… » !

A bientôt
Anne Grangeon

Edito de Septembre 2021

L’Édito d’Anne
Septembre

N’importe comment que je l’aborde, septembre a un goût de rentrée et de cour d’école, comme une saveur ancienne qui se réinvite implacablement …! Mélange intime de sensations déroutantes auxquelles le corps se heurte (dès les variations palpables qui suivent le 15 août) et d’anxiété diffuse … Comme une appréhension d’aller de l’avant, mêlée à la certitude qu’il ne pourra en être autrement et qu’au fond, ce sera bien ! Mélange de fin et de commencement, de deuil et de renouveau…
C’est le pas qui s’impose et ré-engage la spirale pour un tour de plus, une nouvelle année circulaire à franchir.

Faut dire que je suis de septembre ! comme la rentrée littéraire, comme l’automne, comme la crudité de l’air qui s’installe, oscillant imparablement entre brûlant et froid, comme les crocus qui ne tarderont pas, le tour des vignes récoltées, les marches en fôret.

Faut dire que revenir aux cahiers et aux livres est, pour moi, quasi-constitutionnel !

Faut dire aussi que tous les plaisirs sont aux rendez-vous : ceux d’apprendre, de saisir de nouveaux challenges, de faire de nouvelles rencontres et de nouveaux projets, d’enfiler un pull douillet et de se lover près d’une flambée, de déguster raisins, figues et vin nouveau, de repartir dans la vie pour un tour !

Ce septembre commence par un rendez-vous au Forum des associations toute la journée du 4 : Présentation de l’association, de son site, du livre hommage à Anne Pierjean, « si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie ».
Vendanges de nouvelles curiosités et de nouvelles inscriptions, j’espère !

Puis le 18, à 16 H, je serai au Centre d’Art à Crest, pour parler de ce recueil poétique édité cette année et répondre aux questions… Rencontre informelle et lecture de courts extraits dans le cadre du Musée éphémère et des journées du patrimoine.

La rentrée, ce sera aussi reprendre les contacts suspendus pendant les vacances et envisager les lectures qui, nous le souhaitons, deviendront vite possibles !

Alors ce pourrait être aussi relancer le projet d’Atelier de lecture à voix haute « Passeurs de mots » dont les confinements avaient compromis le démarrage à l’automne dernier!
(Animé par Claudine Delaine, dans la maison d’Anne Pierjean, La Bastelle).

D’autres projets peuvent se croiser, s’entre-croiser, se créer au fil des discussions, de vos suggestions. N’hésitez pas à faire des propositions !

A très vite, donc!
Septembrement vôtre !

Edito de Août 2021

L’Édito d’Anne
Août

Il y a ce calme particulier de l’été, sans trop de chaleur, sans trop de cigales…
Et il y a ce temps de « répons » après l’intensité des derniers mois.
Le livre paru, c’est le plaisir des échanges en retour. Ils sont chaleureux, parfois trop émus pour se dire en mots… simples connivences, alors, dans le regard.
Il y a ce temps suspendu aux étapes des jours et semaines simples : une sortie au marché, un après-midi à la rivière, une soirée au ciné, une découverte de lecture, l’émerveillement des petits-enfants et des enfants, les repas sous la tonnelle, l’agacement des moustiques mais la traque des étoiles filantes… Temps singulier comme Vacance.

Il y aura le Forum des associations le 4 septembre, le livre sur la table.
Il y aura d’autres projets d’automne et d’hiver.

Ai-je déjà partagé ici « le passeur de mots » d’Anne Pierjean? en voilà des bribes :
« Il dit : ils ont chanté, je chante.
(…)
Il dit : je passe le relais sans tambour ni trompettes mais dans des feux de joie, pour le Chaud, pour le Clair -et pour la fête de tant de rencontre ineffable sous le coude à coude des heures.
(…)
Il dit : Tout recommence.
Chaque jour a une aube neuve à rencontrer et à offrir.

Un jour il s’en ira, juste passeur de mots ébloui de sa tâche,Dans la cadence de son pas qui parfois devine le gué. »

Rendez-vous à la rentrée !
Anne

Edito de Juillet 2021

L’Édito d’Anne
Juillet

Or et bleu, le livre est là ! Il me paraît précieux et chaleureux.
Ma toute première émotion est visuelle, puis je le découvre agréable à tenir en main, à ouvrir et feuilleter.
Plonger dans le texte ? un peu intimidée, je retarde le moment ! peut-être est-ce trop d’un coup ?

Comme l’écrit Anne Pierjean : « A vos rives abordent mes mots… Maintenant, ils sont vôtres ».

Le livre, ses mots, maintenant vous parviennent et j’attends avec émotion le bruissement du ressac, l’écume de vos mots et de vos retrouvailles.

Ce juillet m’offre un début d’été généreux. Une fête des moissons en tête, je mesure le chemin parcouru depuis la création de l’association, mon installation dans la maison et le jardin, et cette immersion, souvent, dans la « chambre des archives », où j’ai longuement lu et relu les textes d’Anne Pierjean, découverts, re-découverts.

Cette année 2021 résonne comme une boucle bouclée, pour un nouvel envol…?

Pour le centenaire de sa naissance il y eut, à Crest, un hommage à la Femme et à l’Auteur, une expo au Centre d’Art, et, maintenant, un livre à partager, des lectures en gestation.

La vie va son « pas à pas » de mots, symboles et images, son rythme heureux de souvenirs qui se feuillètent, balans de vie, battements d’Elle pour enjamber le temps… celui qui se poursuit en vagues longues et rythmées.

Le pas s’allonge, l’ombre portée repose, la saveur du partage réveille les émotions tissées entre passé et devenir… Le relais se transmet,  comme un élan de son monde reçu au creux de nos main.

Le livre « si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie… » a été envoyé à ceux qui le souhaitaient, une pile d’exemplaires attend ceux qui viendront le chercher, et, bien sûr, si vous n’aviez pas prévu avant, il suffit de vous manifester pour en demander un !

Par tél 06 08 15 64 05 : laissez-moi un message !
ou par mail : annegrangeon@gmail.com

actualité toute fraîche !

Je reviens de Paris avec le livre !


Les premiers exemplaires ont été expédiés samedi à  ceux qui avaient souscrit et je mets à disposition les exemplaires retenus, au siège de l’association, dès aujourd’hui.

   

 

 

Bien sûr, il y en aura aussi pour ceux qui n’ont pas réservé ! 
Contactez-moi pour les retirer ou venir en acheter!
tel : 06 08 15 64 05 ou mail : annegrangeon@gmail.com

J’espère pouvoir déposer quelques livres en librairie à Crest…
à suivre! 

Anne 

Edito de juin 2021

Brèves de juin.

Joyeux mois de juin en perspectives !
Le beau temps, venu d’un coup, invite aux balades, aux pique-niques sur le pré ou en bord de rivière, aux lectures sous les arbres, aux chants des jardins, aux parfums des bois et des champs fleuris…. aux rêves de simplicité et de fluidité, de légèreté, de clarté… les jours vont grandissant vers la musique des nuits !

Le livre, Si je regarde par dessus l’épaule de ma vie…, pré-commandé par beaucoup, est chez l’imprimeur… j’attends ses délais avec une certaine fébrilité ! Parution fin juin a priori.

Nous préparons la lecture hommage qui sera, je l’espère, programmée après la rentrée à la médiathèque de Crest, jauge et restrictions obligent. J’ose envisager que nous puissions aussi la présenter dans d’autres salles… il nous reste à les trouver!

Le 4 septembre, l’association participera au Forum des associations à Crest.
Occasion de rencontres, d’échanges, autour de la présentation de l’œuvre d’Anne Pierjean.
Le livre y sera en vente.

     ****

A suivre de près ! la souscription (pré-commande) avance bien.

Les pré-commandes (souscriptions) arrivent  dans ma boîte et nous avançons!

Précision pour les envois internationaux, des amis lecteurs belges me l’ont demandé qui, par ailleurs, n’ont plus de chèques depuis longtemps ! (pardon pour ma méconnaissance !) :
la pré-commande (souscription) peut se faire par virement international U.E. (à demander à leur banque en fournissant le Rib de l’association) et les frais d’envoi sont de 7,50 € jusqu’à un envoi de 500 gr (c’est-à-dire jusqu’au poids de 3 livres!)

Comment contribuer par souscription (cliquer ci-dessous pour agrandir)

 

 

Voici le RIB du compte de l’association au Crédit Mutuel ,
à CREST (26400) :

ANNE PIERJEAN, LES MOTS ET LE JARDIN
Banque      Guichet     N°compte                 clé   Devise
10278         08931        00020606801      82    EUR
IBAN
FR76   1027  8089  3100  0206  0680  182

Précisions de tarifs d’envoi :
Les tarifs pour envois internationaux sont peu nuancés :

7,50 €  jusqu’à 250 Gr (soit 1 livre)
12 € pour 500 gr (soit 2 ou 3 livres)
19,60 €  entre 500 Gr et 2 Kg

Edito de Mai 2021

L’édito d’Anne
Mai

Pour chaque hirondelle vient son mois de mai
Joli proverbe, corse paraît-il, que je choisis en ce 1er jour pluvieux d’un mois de mai que j’espère heureux !!

Les grenouilles chantent au bassin et le vert arrondit peu à peu tous les arbres alentours qui se remettent du gel d’avril…

« Le jardin est rutilant de rosée et de fleurs…
Un enfant court avec le chien…
Joie débordante qui peu à peu m’englobe.
Ou que j’englobe ?
Joie de ne plus savoir aux confins du bien-être,
si l’on est bue ou si l’on boit.
Je voudrais mettre en mots l’au-delà de ce point où la route se perd. » APJ

*       *       *

Des nouvelles du recueil hommage : les souscriptions arrivent et les délais seront maintenant ceux du graphiste, qui peaufine la mise en page, et de l’imprimeur!

J’ai hâte d’en être à recevoir vos retours sur ce livre et les textes choisis. Car le but est bien, au travers de l’hommage, de transmission, de partage et de rencontre majuscule.

Pour moi, l’écrit -ou le dit- relie, accompagne, féconde, crée et recrée le monde, le parfume, l’embaume et le fleurit… Il garde aussi les portes ouvertes pour aller plus loin…

Contribution d’Anne Pierjean, l’écrivain et la femme :
« J’écris car j’écrirai, hier, aujourd’hui, demain,
même sans mots,
sans pages,
par ce souffle second dont respire ma vie »…

J’entrevois maintenant le moment, en Juin sans doute, où nous partagerons les émotions suscitées par le livre : j’imagine qu’un moment de rencontre pourra s’organiser pour les plus proches, et j’espère bien que, pour les plus éloignés géographiquement, nous échangerons par lettres ou mails, par visio peut-être aussi ?

C’est mon vœu ! partager un moment de lecture ensemble et de réactions !

 

 

Edito de Avril 2021

L’édito d’Anne
avril 2021

Une gerbe d’agir, des fourmis dans les jambes pour courir aux mille appels du jardin, c’est avril et le ton est donné.

Le vent a soufflé fort, froid, longtemps, à l’abord du printemps, les cimes emblanchies autour…  puis les températures ont grimpé et l’enthousiasme des oiseaux s’est éparpillé avec leur pari de recréer. Deux pies ont longuement aménagé leur nid au sommet du pin…

Au pré fleuri, ça jabote, jasote, sifflote, cajole, caracoule, craquote, parlote, papote ! ça roucoule, ça se réjouit, zinzibule, flûte et picasse.

Ainsi, Pâques se profile et si les dates de lectures publiques se posent toujours plus loin, le recueil « Si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie » de Anne Pierjean finit de se construire, son prix est fixé : 15 €.

Pour aider l’Association à lancer son impression, nous vous proposons de transformer votre réservation en souscription : j’y reviens très vite, pour vous indiquer comment procéder.

Pour l’heure, entre les joies éclatantes du printemps, les réminiscences d’autres mots, échos qui résonnèrent toujours en Anne Pierjean : deux  moments d’avril, évoqués dans  « Anne des Collines »,  où se sont joué naissances et mort dans l’enfance de l’auteur : 

« 15 H. Un vendredi saint dans une envolée de cloches qui partaient à Rome pour le dire à tout le monde, à Dieu et au Pape, aux montagnes et aux vallées, à la vie et à la mort.
Et puis les cloches se turent tout le samedi saint.
Et puis elles revinrent le dimanche de Pâques pour un Dieu ressuscité, mais papa resta sur son lit de mort, beau et aussi froid qu’un marbre.
Et l’on enterra Michaut pour le lundi saint qui était aussi la fête du village.
Et les cloches, alors, purent sonner tout leur glas.

Le glas de la mort, venu du fin fond des âges.
Marie l’écoutait, saisie, martelée de plus loin qu’elle et portée, aussi, par bien plus grand qu’elle.
Elle se taisait sans bouger, comme pour ne pas donner prise.
Pourtant, elle aurait hurlé avec les chiens du village pour n’être plus elle, juste un animal qui brame sa peur et oubliera tout, le glas suspendu. »

« Un jour, c’est le mois d’avril, Marie revient de l’école. Cette fois elle a cinq ans. Devant la maison, la voiture du médecin. (…) La mémée est très malade.
Marie demande tout bas « elle va pas mourir au moins? ».
Papa l’ignore. Il berce Marie et il dit en même temps des choses paisibles sur la mort et sur la vie.
Après tant d’années, Marie voudrait bien réentendre, exactes, les paroles de Michaut, les intonations, le son de la voix.Mais elle n’a gardé que le sentiment de cette heure là, doux et de sérénité, une autre minute close qui s’est, ce jour-là, semée au creux d’elle pour trouver un jour son heure d’éclore.
L’enfance, Marie le sait maintenant, est une terre floue, truffée de graines dormantes. »

 

Edito de Mars 2021

L’édito d’Anne
mars 2021

« Les anniversaires de Marie et de Raymonde se suivent au mois de mars. Celui de Marie tombe le 6.
Les anniversaires sont des fêtes personnelles parmi celles de l’année. Mais pas des fêtes privées qui regrouperaient les uns et rejetteraient les autres, pas de grands goûters, pas d’invitations, juste tout le monde qui dit en passant « Marie, Bon Anniversaire ».
Car dans le village le 6 mars est à Marie comme le 14 juillet aux drapeaux de la mairie, le 25 décembre à la crèche de l’église, Rameaux aux branches de buis et le jour de Pâques aux cloches.

Et puis chaque année Maman prépare en secret une robe neuve, cent fois enrichie des péripéties qui ont présidé à sa confection secrète… « »une fois tu es entrée et j’ai tout caché dans la caisse à bois ! »…
Avant d’être une surprise, que la robe neuve a eu d’aventures !
Mais elle est une surprise. Même si Marie s’est un peu douté… ce petit bout de tissu dans les balayures ?…

Et puis, pendant six années, Marie a cru, mordicus, qu’elle était elle-même un cadeau d’anniversaire sans cesse renouvelé que Louise (sa mère) offrait à Michaut (son père) son 9 mars venu.
L’anniversaire de Papa était le 9 mars et Marie avait surpris cette question de Maman :
– Qu’est-ce que tu voudrais, Michaut, comme cadeau d’anniversaire ?
– Fais une robe à Marie. Tu sais bien, c’est mon cadeau.

Marie donc, durant six ans, a été avec douceur le cadeau de son Papa sans se poser de question, sans contestation envisageable. Elle tendait les fleurs et se tendait toute dans sa robe neuve : Marie, cadeau pour Michaut.
C’était si naturel que tous les enfants étaient pour leurs pères un cadeau d’anniversaire !

Et puis, un jour, à l’école –qui apprend des choses mais casse quelques rêves– Marie ne sait plus comment mais elle a dû constater qu’aucune de ses camarades…
Alors, elle Marie ? Elle et son Papa ? Le 6 mars et le 9 mars ?
– C’était une coïncidence ! affirme la maîtresse.
Marie demeure interdite, de vie et de souffle, une bonne minute.
Puis la colère la prend aux quatre fonds d’elle-même.
Cependant, elle ne dit rien, rouge comme un coquelicot, détrônée de quelque chose.
Coin-ci-dence ?
La maîtresse a expliqué, et même écrit au tableau, ce mot que, furieuse, Marie a lu de travers, le ci devenant un qui.
Mais, même expliqué et même écrit au tableau, c’est un mot bête à pleurer. Il couine. Il coince. Et puis, même si Papa est une « coinquidanse » qui n’a aucun coin possible dans la pensée de Marie et qui y danse encore moins… ça ne marche pas pour elle !

Les autres enfants, peut-être, les autres papas aussi, mais elle, Marie, ça demeure une évidence… pas une coinci… Elle se trompe la maîtresse.
D’abord, le soir même, Michaut a affirmé, coïncidence ou non, que Marie était le grand cadeau de sa vie avec ses yeux bleus et le regard de sa mère.
– Tu comprends, petite fille, avant que ta Maman Louise me fasse cadeau de toi, j’ai vécu longtemps longtemps sans oser encore attendre que la vie me donne un petit enfant.
Et puis Louise était venue. Et Marie avait pu naître. Presque pour son anniversaire, ces 54 ans qui auraient fait des Robert une lignée éteinte sans la petite Marie.
-Ah, tu es bien mon cadeau ! murmure Michaut qui attire Louise et serre Marie, deux enfants sur ses genoux.
Et Marie est bien, éperdue de joie profonde, et plus cadeau que permis ! alors ouais, les coins-qui-dansent…

En dépit du vieux Larousse qu’elle avait pris à témoin trois ou quatre ans plus tard, Marie boudera ce mot très longtemps.
Et même aujourd’hui, elle va y voir à deux fois avant de ranger les faits de sa vie au tiroir des coïncidences. »

(Extrait de Anne des Collines, mémoires de Anne Pierjean)

Et la vie va…
Marie, Anne Pierjean, aurait eu 100 ans en ce mois de mars 2021.
Dans son bloc-notes, en fin de parcours, elle écrivait :

« Je contemple l’enfilade des arbres en fleurs. Florence court. J’écoute une joie bourdonnante qui peu à peu m’englobe… ou que j’englobe ?Jjoie* de ne plus savoir, aux confins du bien-être, si l’on est bue ou si l’on boit.
Je voudrais pouvoir mettre en mots l’au-delà de ce point où la route se perd. »

Bientôt, d’autres passages de ce bloc-notes paraîtront… patience, David, un de ses petit-fils, y travaille ! je vous donnerai vite des nouvelles.

anne

* Jjoie : une formule de Anne Pierjean qui englobe joie et jouissance, jubilation. Elle définissait Jjoie= Joie jubilatoire.

Edito de Février 2021

Un prunus en fleur, dès janvier, si tôt, les chatons poussés aux noisetiers et les sèves qui donnent couleur aux saules le long de la route… indices, prémisses, les yeux cueillent de perceptibles signes de bonheurs annoncés

AG prévue… en mars, le 13, car Février trop incertain… et si nous pouvions nous réunir en présentiel ce serait tellement bien, même si en nombre limité, même si vous allez être souvent obligés de déléguer pouvoirs … jusqu’à 3 par personnes !

Nous en reparlerons en temps utile.

Comme nous reparlerons de la parution du recueil poétique de textes d’Anne Pierjean pour célébrer le centenaire de sa naissance, en mars justement !

« Si je regarde par dessus l’épaule de ma vie » est un retour sur vie plein de sérénité et de ce goût d’Etre dont elle parlait. L’enfance, la vie. « Tout est Parole ».
Quand Anne Pierjean y parle de la vieillesse et du cheminement vers la mort, ce n’est pas triste mais confiant et heureux. Ce sont les joies au pas à pas, « ces riens qui font les jours » avait-elle brodé au seuil du jardin qui la ravissait chaque matin :

« Cette vague déferlante dont m’inonde l’instant où j’ouvre les volets. Je reçois la lumière, le jardin et l’entour,
pour un matin de vie encore… »

« Que j’aurai aimé cette vieillesse au tapis rouge,
Sa clarté attentive
et sa lenteur urgente. »

L’hommage se prépare. De longue date.
Si les lectures publiques ne peuvent encore être décidées, nous aurons l’écrit pour partager.

Que dire de ce temps où je feuillette encore le foisonnement des écrits qu’elle a laissés ?…  si ce n’est que ses pensées résonnent juste, longtemps après, comme elle l’avait anticipé, et continuent de prendre sens.
… Si ce n’est qu’elles s’acheminent vers l’écho qu’elle avait espéré pour la continuer et poursuivre son désir de partage.

De différentes façons, l’association a commencé à vous solliciter pour réserver le recueil car nous avons tout simplement besoin d’évaluer le nombre d’exemplaires à imprimer !

à bientôt

anne

Edito de Janvier 2021

11 janvier 2021 : Un point d’actualité  en ce mois de janvier : je ne l’ai pas dit dans mon édito mais nous avons eu le plaisir de clore l’année 2020 par une lecture offerte dans une école, à Loriol. Moment confidentiel initié par l’institutrice de CE1-CE2, accepté par sa Directrice, dans le respect des conditions sanitaires selon l’expression consacrée, juste pour terminer le trimestre et donner quand même un air de fête au départ des enfants en vacances, tous masqués et tous très intéressés ! La lecture a été faite par Claudine Delaine, metteur en scène et compagne de route dans les projets de l’association.
En retour d’Edito, St Avit m’assure avoir très envie de reprogrammer notre rendez-vous manqué en 2020, dès que possible. C’est encourageant et chaleureux. Comme l’est l' »épisode 4″ publié par le Service Culturel à propos de l’Exposition éphémère prévue au Centre d’Art… l’ouverture a été différée mais tout est en place! Un coup d’oeil tout de suite : https://fb.watch/2XKs4RbKaN

L’Edito d’Anne

Edito nouveau, janvier 2021

Cette période de 2020, longue et qui a invité aux bilans, personnels autant que sociétaux, ne me donne pas le désir, en ce début d’année nouvelle de formuler d’autre vœux que celui d’un apaisement de la vie…

Les vœux traditionnels, rituels, de bonne santé, amour, bonheur, ne m’ont jamais beaucoup inspirée, ni parlé… Cette année ils me paraissent particulièrement légers, voire insolents, tout au moins déplacés, inopérants autant que gonflés d’un orgueil démesuré et inconscient … alors que nous nous sommes sentis, cette année écoulée, bouchons ballottés par les flots, totalement flottants, le meilleur que nous pouvions alors espérer étant de s’échouer sains et saufs quelque part, abrités du déchaînement des vents et de ces « tempêtes » terrifiantes et mortelles décrites par les médecins…

Au-delà de ces pensées, pour l’association c’est une année décisive qui s’annonce : l’année passée nous a privés plusieurs fois des plaisirs de lectures partagées, programmées et annulées, bien naturellement, et celle qui démarre ne nous permet pas encore de proposer des dates de rencontres publiques.

2021 étant l’année du Centenaire de la naissance d’Anne Pierjean, ce sera sous forme papier que la célébration sera le plus facilement envisageable. Elle sera donc surtout le temps pour activer une publication…En n’oubliant pas de partager des lectures publiques en sus, cadeaux !, si la météo sanitaire nous le permet !
…en n’oubliant pas de partager des lectures publiques en sus, cadeaux!, si la météo sanitaire nous le permet !

Le recueil de textes poétiques préparé pour ce centenaire de naissance sera notre essentielle communication et penser le devenir de l’association à cette aune me parait évident.

Comme je l’avais initialement envisagé, la création de cette association avait comme projet de faire écho, quelques temps encore, à une écriture digne de passer la barrière des modes et de résonner encore dans les lieux de culture et d’apprentissage de la langue.

Mon projet était de rappeler cette écriture singulière qui a été largement reconnue en son temps, lui garder vie.

Anne Pierjean a inscrit dans le monde de la littérature jeunesse une façon, un rythme, un style qui permettaient à l’émotion, à la psychologie, à la profondeur du penser et du vivre, de parvenir aux enfants, en toute simplicité, en les touchant et les rejoignant dans leurs préoccupations et intérêts d’enfants ou d’adolescents, tout en les invitant à franchir un pas vers leurs vies et leurs «résonances » adultes.

Le recueil qui devrait paraître cette année en hommage à Anne Pierjean est conçu comme un écho à la femme, plurielle, engagée, bousculée par la vie, qui a abouti à l’écrivain. Hommage à cette recherche de chemins, de sentes, pour franchir et tirer sens d’un parcours de vie intensément «habité ».

Il regroupera des textes divers, extraits de lettres ou tirés de son bloc-note, de ses mémoires ou de certains textes édités en fin de vie, de ses pensées, notées, partagées ou réservées au fil de son temps, l’ensemble sera comme livré sous la forme d’un recueil de poésie, proche d’un livre d’heures.

Son titre : « si je regarde par-dessus l’épaule de ma vie » tiré d’un texte de la fin de sa vie, suggère le recul du temps, le regard inversé qui évalue la traversée, où la Jjoie et le goût de vivre auront finalement surplombé les turbulences, s’en seront dégagés après les avoir intensément vécues, ressenties et écrites.

Au travers de ses textes, son hymne aux mots salvateurs est souvent énoncé par Marie, la femme, et Anne Pierjean l’écrivain : « les mots sont une force et je l’ai su très tôt », « l’écriture m’est souffle ».

Elle y rend hommage à l’écrit, jailli puis ciselé, sans cesse travaillé et ajusté, cadencé et enraciné, qui émerge du pensé et du ressenti, sublimés.

Anne G.