{"id":1798,"date":"2018-12-31T18:02:53","date_gmt":"2018-12-31T17:02:53","guid":{"rendered":"http:\/\/asso-annepierjean.fr\/?p=1798"},"modified":"2018-12-31T18:11:25","modified_gmt":"2018-12-31T17:11:25","slug":"edito-de-janvier-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/?p=1798","title":{"rendered":"Edito de janvier 2019"},"content":{"rendered":"<h5><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>L&rsquo;Edito d&rsquo;Anne<\/strong><\/span><\/h5>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">Fin d&rsquo;ann\u00e9e.<\/span>..<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Dormance de l\u2019hiver\u2026 J\u2019ai mis mes pas dans ceux de l\u2019hiver, d\u00e9but d\u00e9cembre, entre les arbres et les arrangements du jardin, sans penser \u00e0 \u00e9crire\u2026 tout juste concentr\u00e9e\u2026 retrait des s\u00e8ves, descente en temps souterrain.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Le solstice \u00e0 peine pass\u00e9, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 penser \u00e0 la lumi\u00e8re de demain, qui viendra peu \u00e0 peu (qui se souvient du proverbe\u00a0? \u00ab\u00a0\u00e0 la Ste Luce du saut d\u2019une puce, \u00e0 la St Antoine du repas d\u2019un moine\u2026\u00a0\u00bb\u2026 j\u2019y songe chaque ann\u00e9e).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Bient\u00f4t r\u00e9sonnera \u00ab\u00a0A l\u2019an que ven\u00a0\u00bb\u2026 le renouveau se pr\u00e9pare, germe et prend son \u00e9lan\u2026 \u00ab\u00a0et si nous ne sommes pas plus que nous ne soyions pas moins\u00a0\u00bb\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Apr\u00e8s octobre, lentement, l\u2019association a pris ses positions de repos\u2026 Hivernage\u2026 j\u2019ai m\u00eame oubli\u00e9 l\u2019\u00e9dito de D\u00e9cembre\u2026 oubli\u00e9\u00a0! reflux des s\u00e8ves pour une cr\u00e9ativit\u00e9 montante, le moment venu, renouvel\u00e9e en 19 \u2026 comme pour l\u2019ach\u00e8vement d\u2019un cycle\u2026\u00a0?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Trois ans de r\u00e9sonance \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019Anne Pierjean, trois ans de rappels, lectures, tris, pens\u00e9es, \u00e9crits\u2026 long hommage, longue m\u00e9moire, \u00a0qui peuvent pr\u00e9parer un autre habillage\u00a0?\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">La robe couleur de temps ou la robe couleur de soleil.\u00a0?&#8230; Et si Peau d\u2019\u00e2ne m\u2019\u00e9tait \u00e0 nouveau cont\u00e9, se heurterait-elle au \u00ab\u00a0Loup mari\u00e9\u00a0\u00bb des grand-m\u00e8res dauphinoises\u00a0(via les a\u00efeules transalpines\u00a0? si les recherches d\u2019Anne Pierjean sur ce conte sont valid\u00e9es).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">A\u00efeux enseman\u00e7ant les terres, A\u00efeules en robes de p\u00e9nitentes (comme les avait dessin\u00e9 Anne Pierjean pour illustrer \u00ab\u00a0la marche du temps\u00a0\u00bb) \u2026 procession lente des mots au chemin du temps\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 A l\u2019an que ven\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">&#x2665;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Entre deux f\u00eates, j\u2019ai retrouv\u00e9 ce conte de No\u00ebl, je vous l\u2019offre\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<span style=\"color: #ff9900;\"> \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Premier No\u00ebl<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Ce conte-l\u00e0, elle le disait les yeux presque clos, la M\u00e9m\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Elle parlait de Marion et de J\u00e9r\u00f4me, mais nous savions que la Marion et le J\u00e9r\u00f4me de son histoire c\u2019\u00e9tait ces deux qui se tenaient la main dans le cadre entour\u00e9 de fleurs d\u2019orangers de sa chambre. Elle commen\u00e7ait toujours, tr\u00e8s lente et recueillie, comme qui se souvient\u2026.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">&#x2665;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Il faisait bien trop froid pour que la neige tombe.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Les flocons essayaient pourtant, mais ils n\u2019\u00e9taient, bernique, que gr\u00e9sil fin qui cr\u00e9pitait sur le sol dur.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Le vent s\u2019en m\u00ealait et piquait la peau \u00e0 faire pleurer. Les oiseaux criaient \u00e0 plein ciel et les vols de canards sauvages pointaient leurs fl\u00e8ches vers le sud. Le ciel bas se cassait de blanc au levant aigre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Pas de redoux encore\u00a0: on aurait un No\u00ebl sans neige.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me, au fond, s\u2019accommodait du froid.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Il faisait des fagots juste \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la for\u00eat et le vent se brisait le nez contre les arbres.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et plus il faisait froid et plus sa cogn\u00e9e tapait dur.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">A cette cadence forc\u00e9e le fagotier montait tr\u00e8s vite et J\u00e9r\u00f4me pensa qu\u2019il pouvait sans tricher s\u2019offrir une petite pause. Et il alla vers un pommier tout pomponn\u00e9 de gui dont il d\u00e9crocha une boule.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Le gui \u00e9tait superbe. De grosses perles translucides dans l\u2019h\u00e9lice charnue de feuilles claires.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et J\u00e9r\u00f4me en eut joie autant que d\u2019un cadeau.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Il mit un brin \u00e0 son bonnet et se dit\u00a0: Bon No\u00ebl J\u00e9r\u00f4me. Il n\u2019est pas de No\u00ebl sans v\u0153ux et qui les aurait dits pour lui\u00a0?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Deux parents, il en avait bien eu sans doute, mais de plus loin qu\u2019il y pensait, il ne voyait, pench\u00e9 sur lui, que nourrices distraites.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Maintenant, il \u00e9tait plac\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Son vieux patron\u00a0 -un solitaire qui avait endur\u00e9 pis que pendre de l\u2019existence- ne disait que les mots relatifs \u00e0 l\u2019ouvrage. Et encore les ronchonnait-il.\u00a0 Pas m\u00e9chant, non, mais des mots pour rien dire\u00a0?\u2026 Et puis la vie est dure. Alors rude \u00e0 soi et aux autres, on tire, au m\u00eame pas, le m\u00eame joug \u2013 faisons ceci, cela et puis bonjour, bonsoir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Ce soir, il y aurait la marmit\u00e9e de soupe, et parce que c\u2019\u00e9tait r\u00e9veillon, un gibier \u00e0 la broche, un pichet sur la table, et la jatte de cr\u00e8me fra\u00eeche, et les raisins frip\u00e9s d\u00e9croch\u00e9s des solives avec encore leurs pampres verts.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Peut-\u00eatre deux oranges\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">On mastiquerait plus longtemps.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Devant la chemin\u00e9e on resterait un peu tard \u00e0 tisonner les braises, muets\u2026 on finirait, peut-\u00eatre, par parler des agneaux, des vaches, des cochons.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et puis bonsoir, bonsoir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Mais Bon No\u00ebl\u00a0? Pour certains mots, faut avoir l\u2019habitude.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et le patron comme J\u00e9r\u00f4me\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Pourtant, entre les deux, la bonne entente et de l\u2019estime car le m\u00eame go\u00fbt \u00e0 la t\u00e2che.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me revint vers le bois, retrouva sa cogn\u00e9e, sa p\u00e9lerine sur le sol.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et sous la p\u00e9lerine, le petit panier blanc. Il sourit\u00a0: le panier pour Marion.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Marion allait venir rincer le linge au lavoir de la source. (Elle viendrait, chaque matin c\u2019est ainsi\u00a0!).<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">La corbeille mouill\u00e9e lui creuserait la hanche.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Ses sabots claqueraient, ses cheveux voleraient sous la pointe du fichu rouge. Un bonjour de la main sans arr\u00eater la marche.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et vite, elle plongerait le linge dans l\u2019eau vive, le frapperait et le tordrait et reprendrait, dans un grand fracas de battoir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">De temps en temps elle mettrait ses doigts gourds au creux chaud de ses bras.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et puis, elle reprendrait la t\u00e2che\u00a0: l\u2019eau qui gicle, les doigts gourds, l\u2019eau qui givre, la main morte, le creux des bras, le vertige, l\u2019eau qui gifle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Nom de nom, un froid pareil\u00a0! \u2026une vie pareille\u00a0!&#8230; Marion qui jamais ne se r\u00e9chauffe, tendue dans la bise, cela ne finirait-il jamais\u00a0?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et puis, pour Marion, jamais de No\u00ebl non plus. La m\u00eame enfance que J\u00e9r\u00f4me mais pas les m\u00eames patrons. Une ma\u00eetresse hautaine et dure, la belle dame des Landiers \u2013 D\u2019abord, elle aussi, \u00e9tant jeune, avait trim\u00e9 au lavoir. Elle n\u2019en \u00e9tait pas morte, \u00e0 d\u2019autres maintenant.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et ce soir, il y aurait chez eux plein de beau monde.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et Marion servirait, fourbirait, nettoierait.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle irait avec ses mains lasses, ses yeux trop grands, et ses hanches trop minces, ses longs cheveux natt\u00e9s dans le dos jusqu\u2019au n\u0153ud blanc du tablier\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Alors, de Bon No\u00ebl Marion\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Mais lui, J\u00e9r\u00f4me, y pourvoierait.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Depuis des jours et des jours qu\u2019il pensait \u00e0 Marion, le froid lui procurait un mal bizarre qui le piquait et le gla\u00e7ait, m\u00eame devant le feu, m\u00eame sous l\u2019\u00e9dredon qu\u2019il tirait jusqu\u2019au nez dans son grand lit de ch\u00eane. Un froid qui le suivait partout et pouvait br\u00fbler comme braise.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Alors, Bon No\u00ebl Marion, il fallait que ce soit lui qui le lui dise. Et qu\u2019il soit le premier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Il avait bien souvent tent\u00e9 l\u2019approche, allum\u00e9 un grand feu\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; \u00a0Tu viens te chauffer un moment\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Marion jetait un coup d\u2019\u0153il sur le feu et regardait furtivement la ferme des Landiers\u00a0. Cinquante pas l\u2019en s\u00e9paraient. Une port\u00e9e de voix.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Merci bien, faut que je me h\u00e2te.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle devait laver le linge. Si la ma\u00eetresse l\u2019avait vue, elle qui d\u00e9fendait de parler aux gar\u00e7ons et J\u00e9r\u00f4me avait dix-neuf ans. Et elle lavait, frottait, tordait, se retournait parfois vers le petit feu rouge.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me cognait \u00e0 grands coups de hache sans vouloir se chauffer lui-m\u00eame. Alors, au retour, en passant, elle lan\u00e7ait\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Merci J\u00e9r\u00f4me. Au revoir et merci encore.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Merci encore et de quoi\u00a0? Cent fois nom d\u2019une pipe, il faudrait qu\u2019il le lui dise son \u00ab\u00a0Bon No\u00ebl, Marion\u00a0\u00bb. Quelle sache enfin toutes ces choses douces qui lui fourmillaient dans le c\u0153ur. Et comme on \u00e9tait le 24 d\u00e9cembre, il ne pouvait plus diff\u00e9rer d\u2019un jour.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Quand il entendrait les sabots sur le chemin, il irait en porter deux bien chauds devant le lavoir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et puis, il reviendrait vite.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">En arrivant, les doigts gourds, elle s\u2019y r\u00e9chaufferait. Quand les galets seraient froids, il en porterait deux autres\u2026. Il y joindrait son cadeau\u2026 et\u00a0 tous les mots doux qu\u2019il avait au c\u0153ur.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et il entendit, derri\u00e8re les arbres, la sabot\u00e9e attendue. Vite, vite, les galets chauds\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Marion appar\u00fbt au d\u00e9tour d\u2019un houx bien perl\u00e9 de rouge.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Ses sabots claquaient, fouettant le froid d\u2019une cadence rapide.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Ses cheveux flottaient, sortis du fichu de laine.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle avait nou\u00e9 son\u00a0ch\u00e2le\u00a0dans le creux du dos.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Son nez \u00e9tait rouge, sa hanche creus\u00e9e par le poids du linge.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Pourtant, comme elle paraissait l\u00e9g\u00e8re. Une f\u00e9e sur le chemin, fr\u00eale, si fragile et blonde.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me arrondit ses bras\u00a0: elle y tiendrait toute, elle et son gros ch\u00e2le et son grand jupon, son nez relev\u00e9 et ses longs cheveux\u2014elle et ses seize ans si fr\u00eales\u00a0&#8230;<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle \u00e9tait pass\u00e9e&#8230;.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me laissa tomber ses bras et prit son panier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Pendant tout cet hiver froid \u00a0-o\u00f9 son c\u0153ur battait jusque dans ses tempes\u2014 il avait tress\u00e9\u00a0 un panier d\u2019osier, blanc comme une amande fra\u00eeche.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et puis, il avait compt\u00e9 ses sous et couru au bourg pour y acqu\u00e9rir une jupe de futaine, des bottes fourr\u00e9es et un sac de papillotes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et parce que c\u2019\u00e9tait No\u00ebl, il avait taill\u00e9 lui-m\u00eame deux grandes \u00e9toiles en papier d\u2019argent et il les avait fix\u00e9es au flanc du panier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Entre les \u00e9toiles il avait \u00e9crit en lettres dor\u00e9es \u00ab\u00a0Bon No\u00ebl Marion\u00a0\u00bb, car la chose \u00e9crite demeure longtemps.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Marion arriva enfin au lavoir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle y posa sa corbeille.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Deux pierres\u00a0? Que faisaient-elles l\u00e0\u00a0? Elle les repoussa du plat de la main, mais\u00a0&#8230;<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Mais elles \u00e9taient chaudes\u00a0? Elle y appuya les doigts\u2026 Chaudes\u00a0! \u2026 Elle ne se trompait pas .<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle en prit une contre elle et la serra sous son ch\u00e2le. Puis elle se tourna vers l\u2019or\u00e9e du bois, l\u00e0 o\u00f9 la cogn\u00e9e \u00ab\u00a0\u00e9coutait\u00a0\u00bb dans le silence depuis quatre ou cinq minutes.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Merci bien, J\u00e9r\u00f4me.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et elle quitta ses sabots et posa sur les galets ses pieds en chaussons de laine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Une chaleur incroyable montait et l\u2019irradiait. Et son c\u0153ur tapait si fort qu\u2019elle l\u2019entendait de partout.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me l\u2019apercevait dans un \u00e9cran de bu\u00e9e\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Puis des larmes dures piqu\u00e8rent ses yeux.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Alors, il bomba le torse, toisa l\u2019hiver et la vie, le c\u0153ur plein d\u2019amour et plein de d\u00e9fi.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">A trente pas du lavoir, il apercevait la belle ferme des Landiers.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">La dame et le ma\u00eetre, et tous les enfants, s\u2019en allaient en file indienne, santons en cape de drap et paniers aux bras pour les achats de No\u00ebl.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">La porte d\u2019entr\u00e9e \u00e9tait bien ferm\u00e9e.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">No\u00ebl s\u2019\u00e9tait fait le complice de J\u00e9r\u00f4me\u00a0: Marion \u00e9tait seule une heure.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Marion bousculait son linge, le frappait et le tordait avec des vigueurs nouvelles.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">La bise semblait ramper \u00e0 ses pieds, \u00e9cras\u00e9e par les puissances qui rayonnaient des galets\u2026 La hache semblait attendre et ne cognait plus.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Marion n\u2019osait pas \u00e9couter son bonheur grave, ni m\u00eame se retourner -la joie que l\u2019on rencontre soudain au d\u00e9tour d\u2019une minute, peut-on y croire si vite\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Alors elle tapait et tordait le linge.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle pleurait aussi avec l\u2019envie de chanter.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me tenait son panier d\u2019osier et il marchait vers Marion.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Ses deux \u00e9toiles brillaient comme de vraies \u00e9toiles.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Une \u00e9pingle de soleil passa entre deux nuages et encensa le lavoir d\u2019une gloire de lumi\u00e8re, comme en ont les cr\u00e8ches sur les cartes de No\u00ebl.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me, \u00e0 pas de loup, se glissa derri\u00e8re Marion<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle n\u2019entendait rien dans le fracas du battoir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Allum\u00e9s par le soleil, ses cheveux \u00e9taient de cuivre.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Parfois, elle s\u2019arr\u00eatait de bouger et regardait son visage danser dans l\u2019eau claire.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">J\u00e9r\u00f4me ne parla pas. Il \u00e9leva le panier pour que son reflet se pose tout pr\u00e8s du reflet de son fichu rouge.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Marion ouvrit des yeux ronds\u2026 et elle se pencha sur l\u2019onde.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Etait-elle malade ou avait-elle des visions\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Des \u00e9toiles se baignaient en plein jour dans son lavoir\u00a0? Et elles trainaient en guirlande \u00ab\u00a0Bon No\u00ebl Marion\u00a0\u00bb\u00a0? (car, m\u00eame \u00e0 l\u2019envers, \u00e7a pouvait se lire\u00a0!).<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle toucha l\u2019eau de ses doigts. Et les \u00e9toiles plong\u00e8rent dans de grands remous qui s\u2019\u00e9largissaient au bord de la pierre en mille lueurs dansantes.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Elle frotta ses yeux vigoureusement\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Puis elle frotta ses oreilles car elle entendait maintenant des voix\u2026Mais elle comprit vite et ses chaussons pivot\u00e8rent sur les galets encore chauds. Elle ne r\u00eavait pas. J\u00e9r\u00f4me \u00e9tait l\u00e0, c\u2019\u00e9tait vrai de vrai. Elle dit \u00e0 son tour\u00a0: Bon No\u00ebl J\u00e9r\u00f4me.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Puis elle s\u00e9cha ses deux mains \u00e0 son devantier, se hissa sur ses chaussons, et elle embrassa J\u00e9r\u00f4me sur une joue et sur l\u2019autre.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Ensuite, elle prit le panier, le serra fort contre elle. C\u2019\u00e9tait son premier No\u00ebl et elle l\u2019avoua, des larmes givrant ses cils.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Pour moi aussi, dit J\u00e9r\u00f4me, voil\u00e0 mon premier No\u00ebl.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Elle n\u2019avait dans sa poche qu\u2019une pomme rouge et son mouchoir. Elle les lui tendit.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Le mouchoir \u00e9tait fripp\u00e9 comme une pivoine d\u2019avril. La pomme portait la morsure de ses dents dans le creux d\u2019une bouch\u00e9e.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et J\u00e9r\u00f4me prit la pomme et le mouchoir blanc.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Maintenant faut que je rince.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; moi que je coupe mon bois.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Il fit deux pas pour partir et se retourna. Et tout ce qu\u2019il voulait dire, il le lui cria\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Bient\u00f4t, apr\u00e8s mon service, tu n\u2019auras plus jamais froid. Plus jamais, je te le jure. Est-ce que tu me crois\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Oui, J\u00e9r\u00f4me, je te crois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Ils avaient repris leur t\u00e2che. Le linge volait. La cognait dansait. Le feu brasaillait. Le vent soufflait sur les braises, ressuscitait les \u00e9toiles\u00a0: bleues, rouges et vertes, elles n\u2019en finissaient pas.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et le petit feu r\u00e9chauffa le bois, le lavoir et les labours et toute la terre, et les choses du moment et celles d\u2019avant et celles d\u2019apr\u00e8s.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Alors, l\u2019air doucit.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">La neige tomba\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Une vraie neige de No\u00ebl, calme et presque ti\u00e8de\u2026<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et sa blancheur incroyable nivela d\u2019un tapis blanc les crevasses du chemin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">&#x2665;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Chaque fois, \u00e0 cet instant, la m\u00e9m\u00e9e fermait les yeux et d\u00e9clarait l\u2019histoire finie.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">On lui laissait trois minutes de recueillement puis on s\u2019indignait\u00a0: on voulait la fin. Une fin pr\u00e9cise. Avec des baisers sous une boule de gui, un voile blanc, une noce.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Ils se sont mari\u00e9\u00a0? dis-nous, ils se sont mari\u00e9s\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; presque tout de suite, gr\u00e2ce au patron de J\u00e9r\u00f4me. C\u2019\u00e9tait un gars pas bavard mais il \u00e9tait bon. Et il n\u2019avait pas de femme, pas d\u2019enfant non plus (ils \u00e9taient morts de la peste. Ces choses l\u00e0 arrivent\u00a0!).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">&#x2665;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Un soir, le patron avait remarqu\u00e9 avec un sourire\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Je crois que tu regardes du c\u00f4t\u00e9 de la Marion. Et qu\u2019est-ce qui t\u2019emp\u00eache d\u2019aller aux Landiers\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Ce qui emp\u00eachait J\u00e9r\u00f4me, c\u2019\u00e9tait pas l\u2019envie.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">C\u2019\u00e9tait les \u00e9conomies.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et il en fallait pour se mettre en m\u00e9nage. Et Marion voulait aussi se faire un trousseau.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Le patron bougon avait pris sa p\u00e9lerine et tout en marchant, il se parlait \u00e0 lui-m\u00eame\u00a0: la vie, y\u2019avait pas \u00e0 dire, faisait des choses stupides\u00a0! tout le trousseau de sa femme se ternissait de moisi dans la grande armoire\u2026 et cette maison muette\u00a0? Et personne, apr\u00e8s, pour la faire vivre et la continuer\u00a0? Alors, il \u00e9tait entr\u00e9 dans la ferme des Landiers.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Bien le bonjour mon Voisin.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Et quel bon vent vous am\u00e8ne\u00a0?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et puis ils avaient parl\u00e9, longtemps, sans t\u00e9moin.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et personne ne sut ce qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient dit.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Personne\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Un peu Marion tout de m\u00eame, qui, grimp\u00e9e sur une chaise s\u2019accrochait \u00e0 la lucarne (non\u00a0! elle n\u2019\u00e9tait pas curieuse mais elle avait entendu le nom de J\u00e9r\u00f4me\u2026).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Et puis les deux hommes s\u2019\u00e9taient attabl\u00e9s et avaient trinqu\u00e9 \u00e0 la bonne entente.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Et Marion avait pleur\u00e9 de joie dans son tablier en sortant les verres et le grand pichet d\u2019\u00e9tain.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">&#x2665;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff9900;\">Nous aurions voulu savoir davantage, mais le reste, sacrebleu, la m\u00e9m\u00e9e se le gardait.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">En compensation, elle nous remettait la petite bo\u00eete qu\u2019elle avait toujours en poche.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">C\u2019\u00e9tait la bo\u00eete \u00e0 r\u00e9glisse. On la vidait chaque jour et elle \u00e9tait toujours pleine. Magique et intarissable, elle allait avec les contes. La m\u00e9m\u00e9e la secouait d\u2019un air attentif pour entendre le grelot des petites crottes noires, puis concluait, rassur\u00e9e\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Ah\u00a0! ces nains de la montagne\u00a0!<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Ah ces nains de la m\u00e9m\u00e9e qui remplissaient \u00e0 la fois sa t\u00eate d\u2019histoires et la bo\u00eete de bonbons \u2013 et en qui il fallait croire, car sinon, bernique, ils ne reviendraient jamais\u00a0!<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">Mais y\u2019avait pas de risque\u00a0! Les l\u00e8vres noires de r\u00e9glisse nous nous envolions en criant en ch\u0153ur\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff9900;\">&#8211; Merci bien les nains\u00a0! A demain, M\u00e9m\u00e9e.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Edito d&rsquo;Anne Fin d&rsquo;ann\u00e9e&#8230; Dormance de l\u2019hiver\u2026 J\u2019ai mis mes pas dans ceux de l\u2019hiver, d\u00e9but d\u00e9cembre, entre les arbres et les arrangements du jardin, sans penser \u00e0 \u00e9crire\u2026 tout juste concentr\u00e9e\u2026 retrait des s\u00e8ves, descente en temps souterrain. Le solstice \u00e0 peine pass\u00e9, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 penser \u00e0 la lumi\u00e8re de demain, qui viendra &hellip; <a href=\"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/?p=1798\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Edito de janvier 2019<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1798"}],"collection":[{"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1798"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1798\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1804,"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1798\/revisions\/1804"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1798"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1798"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-annepierjean.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}